IdT – Les idées du théâtre


 

Prologue

Parte d[i]ecinueve y la mejor parte de las comedias de Lope de Vega Carpio, Procurador Fiscal de la Cámara apostólica y su Notario, descrito en el Archivo Romano. Dirigidas a diversas personas.

Vega Carpio, Lope Félix de

Éditeur scientifique : Noguera, Dolores et Kaufmant, Marie-Eugénie

Description

Auteur du paratexteVega Carpio, Lope Félix de

Auteur de la pièceVega Carpio, Lope Félix de

Titre de la pièceParte d[i]ecinueve y la mejor parte de las comedias de Lope de Vega Carpio, Procurador Fiscal de la Cámara apostólica y su Notario, descrito en el Archivo Romano. Dirigidas a diversas personas.

Titre du paratextePrólogo dialogístico

Genre du textePrologue

Genre de la pièceRecueil de comedias

Date1624

LangueEspagnol

ÉditionMadrid, Juan González, a costa de Alonso Pérez, mercader de libros. Véndese en sus casas en la calle de Santiago. Año 1624. In-4°

Éditeur scientifiqueNoguera, Dolores et Kaufmant, Marie-Eugénie

Nombre de pages5

Adresse sourcehttp://www.cervantesvirtual.com/obra-visor/parte-decinueue-y-la-meior-parte-de-las-comedias-de-lope-de-vega-carpio--0/html/

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Vega-ParteXIX-Prologue.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Vega-ParteXIX-Prologue.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Vega-ParteXIX-Prologue.odt

Mise à jour2015-05-04

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComedia ; satire

DramaturgieDivision de la comédie selon Scaliger : protase, catastrophe, épitase, catastase ; préceptes ; poésie / représentation ; poétique invisible

ComédiensAlonso de Cisneros

ScenographieMachinerie ; machines ; découvertes ; décor ; corde

ReprésentationPublic ; vulgaire ; peuple ; prix ; entrée ; loges ; bancs ; accidents ; atours ; chefs de troupe (autores) ; lapsus linguae ; erreurs d’élocution ; espace de représentation ; théâtre commercial ; corral ; Corral del Príncipe ; Corral de la Cruz ; temporalité de la représentation ; fermeture temporaire des corrales ; saison estivale ; saison théâtrale

RéceptionDétracteur(s) ; critique (du public / littéraire) ; intelligents ; ignorants ; réputation ; écrite /orale ; postérité ; renommée ; ignorance ; mémoire

FinalitéPlaisir ; satire ; imitation

ExpressionPiques ; ironie ; latin / livres populaires ; sentences ; citations ; esprit ; exemples ; métaphore ; hyperbole ; burlesque ; humour ; néologisme ; calembour ; latinismes ; bisémie ; jeux de mots ; conceptisme ; pointe ; érudition

MetadiscoursPrologue (pour intelligents) ; dédicace burlesque au licencié Ironie de Conculcabis

Relations professionnellesSystème de bienfaisance ; marché théâtral ; prix ; ancien prix ; réforme ; Reglamentos ; œuvres pies ; confréries ; location ; bailleurs ; memoriones ; bénéfices ; profit ; donneurs d’avis ; répartition des gains ; dramaturges ; majordome ; acteurs ; metteurs en scène ; impression ; cupidité ; propriété intellectuelle

ActualitéFête pour la canonisation de saint Isidore

AutreAristophane ; Euripide ; Cicéron ; Anaxagore ; Aristote ; Scaliger ; Horace ; Socrate ; Xénophon ; Platon ; Mancinelo ; Nicodemus Frischlin ; Pedro de Torres Rámila ; Spongia ; Expostulatio Spongiae ; Cristóbal Suárez de Figueroa

Mots-clés italiens

GenereComedia ; satira

DrammaturgiaDivisione della commedia secondo Scaligero : protasi, catastrofe, epitasi, catastasi ; precetti : poesia / rappresentazione ; poetica invisibile

AttoriAlonso de Cisneros

ScenografiaMacchineria ; macchine ; fondali ; scene ; fune

RappresentazionePubblico ; volgare ; popolo ; prezzo ; entrata ; palchetti ; panche ; accidenti ; pompe ; capocomici ; lapsus linguae ; errori di pronuncia ; spazio di rappresentazione ; teatro mercantile ; corral ; Corral del Príncipe ; Corral de la Cruz ; temporalità della rappresentazione ; chiusura temporanea dei corrales ; stagione estiva ; stagione teatrale

RicezioneDetrattori ; critica (del pubblico / letteraria) ; intelligenti ; ignoranti ; fama ; teatro stampato / rappresentato ; posterità ; ignoranza ; memoria ; censura

FinalitàPiacere ; satira ; imitazione

EspressioneFrizzi ; ironia ; latino / libri popolari ; sentenze ; citationi ; spirito ; esempi ; metafora ; iperbole ; burlesco ; umorismo ; neologismo ; latinismi ; doppio senso ; gioco di parole ; concepttismo ; arguzie ; erudizione

MetadiscorsoPrologo (per intelligenti) ; dedica burlesca al licenziato Ironia di Conculcabis

Rapporti professionaliSistema di beneficenza ; meracto teatrale ; prezzo ; antico prezzo ; riforma ; Reglamentos ; opere pie ; confraternite ; affitto ; locatori ; memoriones ; benefizi ; profitto ; datori di pareri ; ripartizione dei guadagni ; dramaturghi ; magiordomo ; attori ; registi ; impressioni ; cupidità ; proprietà intellettuale

AttualitàFesta per la canonizzazione di Sant’Isidoro

AltriAristofane ; Euripide ; Ciceron r ; Anaxagora ; Aristotele ; Scaligero ; Orazio ; Socrate ; Xenofonte ; Platone ; Mancinelo ; Nicodemo Frischlin ; Pedro de Torres Rámila ; Spongia ; Expostulatio Spongiae ; Cristóbal Suárez de Figueroa

Mots-clés espagnols

GéneroComedia ; sátira

DramaturgiaDivisión de la comedia según Escalígero : prótasis, catástrofe, epítasis, catástasis ; preceptos ; poesía / representación ; poética invisible

Actor(es)Alonso de Cisneros

EscenografiaMaquinaria ; tramoyas ; apariencias ; decorado ; maroma

RepresentaciónPúblico ; vulgo ; pueblo ; precio ; entrada ; aposentos ; bancos ; accidentes ; galas ; autores ; lapsus linguae ; fallos de elocución ; espacio de representación ; teatro comercial ; corral ; Corral del Príncipe ; Corral de la Cruz ; temporalidad de la representación ; cierre temporal de los corrales ; temporada estival ; temporada teatral

RecepciónDetractor/es ; crítica (del público / literaria) ; opinión ; escrita / oral ; posteridad ; discretos ; ignorantes ; fama ; ignorancia ; censura ; memoria

FinalidadPlacer ; sátira ; imitación

ExpresiónPullas ; ironía ; latín / libros vulgares ; sentencias ; citas ; donaire ; ejemplos ; metáfora ; hipérbole ; burlesco ; humor ; neologismo ; retruécanos ; latinismos ; bisemia ; juego de palabra ; concepto ; agudeza ; erudición

MetadiscursoPrólogo (para discretos) ; dedicatoria burlesca al licenciado Ironía de Conculcabis

Relaciones profesionalesSistema de beneficencia ; mercado teatral ; precios ; precio antiguo ; reforma ; reglamentos ; obras piadosas ; cofradías ; arriendo ; arrendatario ; arrendador ; memoriones ; beneficios ; provecho ; arbitrista ; reparto de ganancias ; dramaturgo ; mayordomo ; representante ; autor ; impresión ; codicia ; propiedad intelectual

ActualidadFiestas por la canonización de san Isidro

OtrasAristófanes ; Eurípides ; Cicerón / Tulio ; Anaxágoras ; Aristóteles ; Escalígero ; Horacio ; Sócrates ; Jenofonte ; Platón ; Mancinelo ; Nicodemo Frischlin ; Pedro de Torres Rámila ; Spongia ; Expostulatio Spongiae ; Cristóbal Suárez de Figueroa

Présentation

Présentation en français

La Parte d[i]ecinueve y la mejor parte, la « meilleure parte des comedias » de Lope de Vega, est présentée dès son titre, sur le mode de l’accroche publicitaire, comme l’acmé de la dramaturgie lopesque. Parmi ses textes liminaires1, elle contient du reste le prologue le plus étendu de ses Partes. Comme dans le prologue dialogué de la Parte XVI, Lope met ici en scène un personnage allégorique qui personnifie le théâtre de corral. Cette personnification est déjà utilisée dans la plupart des prologues lopesques, où le Théâtre s’adresse directement au lecteur. Cette fois, la parole lui est donnée dans un dialogue avec un Poète qui représente le dramaturge-poète de la comedia aux prises avec les inquiétudes de son siècle théâtral. D’une part, cette structure favorise l’estompage de la frontière entre le cadre prologal et la fiction théâtrale. Ainsi le Poète est-il volontiers associé à la figure du valet bouffon pour la diversité de ses rôles burlesques et pour la fonction méta-théâtrale que ce personnage-type assume souvent dans le théâtre espagnol du Siècle d’or. D’autre part, la forme dialoguée, qui se nourrit des artifices maïeutiques propres au dialogue humaniste, permet à Lope de dissimuler ses postures poétiques sous les différents masques des deux personnages, qui se font tour à tour le porte-parole de l’auteur et de ses fonctions de critique dramatique, ou l’écho parodique de ses contradicteurs. La théorie théâtrale de Lope de Vega s’y dévoile en filigrane par le jeu du rapport dialectique et de distanciation burlesque que permet le dialogue théâtral. Dans une élaboration littéraire soignée, l’ironie, l’humour, la métaphore et le burlesque maniés par les personnages rendent toujours plus subtiles les positions théoriques de l’auteur, ainsi que les piques lancées contre ses détracteurs auxquels la parte est dédiée : ceux-ci sont en effet représentés, dès l’épigramme en latin qui précède le prologue, par le Licencié Ironie de Conculcabis – auquel cependant Lope s’identifie ensuite par le biais de la dérision.

La spécificité de ce prologue tient aussi au fait que Lope semble vouloir détailler de manière exhaustive l’ensemble des circonstances non seulement théoriques, mais aussi pratiques, dans lesquelles la production de ses pièces s’inscrit. Le prologue débute de façon originale par une exposition des difficultés engendrées par le statut commercial du corral. Au fil du dialogue, où le personnage du Théâtre fait l’ingénu, sont dénoncées, chiffres à l’appui, les complications d’un marché qui profite davantage aux administrateurs désormais officiels des corrales madrilènes qu’aux chefs de troupe (autores) et aux dramaturges. Le poète se fait l’écho des évolutions engendrées depuis 1615, notamment en matière de prix, par la réforme du système de bienfaisance, dont les bénéfices théâtraux sont le fondement puisque les corrales, en tant que propriétés des confréries, servent à subventionner les hôpitaux publics. Cette évocation des conditions pratiques débouche sur une affirmation du génie poétique comme patrimoine du poète. Ainsi la fonction de l’impression des comedias est-elle posée comme une revendication métaphorique de propriété intellectuelle, avec en toile de fond le souci permanent de Lope de Vega de lutter contre le plagiat de ses pièces. Au passage, sont évoquées les nécessités de réforme du marché théâtral par un Poète qui prend le masque burlesque des donneurs d’avis utopiques qui surgissent dans la littérature de l’époque, consciente de la décadence. Le théâtre et sa fonction économique y sont placés au centre d’un questionnement politique global, au sens antique d’administration sociale et morale du royaume.

De la fonction politique du théâtre, le dialogue passe aux fonctions satiriques d’une comédie qui prend sa source chez Aristophane. Ainsi la flexibilité de l’échange dialogique permet-elle d’éclairer le va-et-vient établi entre les réalités pratiques de la représentation et les implications théoriques de la poétique de la Comedia nueva telle que l’entend Lope en tant que professionnel confirmé. Sous le masque du Poète, l’auteur réaffirme, quinze ans après son Arte nuevo, le principe de nouveauté qui régit une dramaturgie davantage orientée vers les exigences du marché théâtral ; surtout, il conçoit davantage cette dramaturgie en fonction du plaisir du public que dans l’optique d’une obéissance aveugle aux préceptes – n’en déplaise à ses détracteurs, qui l’accusent d’ignorance – et non sans évoquer l’arbitraire tyrannie critique du public commercial. Le théâtre imprimé se veut alors invitation à un décryptage de la « poétique invisible » revendiquée pour la Comedia. Cette lecture n’est-elle pas rendue nécessaire par les déformations que subissent les textes de comedias, tant de la part des acteurs, dont les erreurs d’élocution font l’objet d’une exposition burlesque, que de la part des autres intermédiaires et des détracteurs de Lope ? À ce sujet, Poète et Théâtre fustigent d’un commun accord les critiques littéraires, mauvais latinistes, qui s’abritent derrière des préceptes mal compris. Tous deux citent des références philosophiques antiques pour mieux parodier, à travers l’ironie, les détracteurs de Lope avec les armes, notamment néo-aristotéliciennes, qui sont les leurs. Derrière ces critiques générales, Lope vise de nouveau personnellement son principal adversaire, Pedro de Torres Rámila, qu’il nomme le « maître d’Alcalá », auteur de La Spongia, une satire violente de la vie de Lope et de ses œuvres, à laquelle Lope fait sans cesse référence dans ses prologues précédents.

La critique littéraire et théâtrale de Lope finit par révéler, de manière subtile, une intention poétique. Il condamne également le développement des machineries dans le théâtre de corral, ce qui lui permet de souligner la qualité imaginative de l’imitation poétique dans ses pièces et de justifier une nouvelle fois, en filigrane, la publication d’un texte dramatique à valeur littéraire ajoutée. Face au Théâtre, qui lui reproche alors de faire appel à l’autorité poétique de Scaliger, le Poète affirme son indépendance et rejette de façon burlesque le carcan formel des parties du genre comique tout autant que les préceptes des tragiques antiques ou horatiens, pour affirmer sa volonté de ne plaire qu’au public. En parodiant les discours théoriques avec de nouvelles citations latines, Lope s’abrite derrière l’autorité sceptique de Cicéron. Le dialogue se résout en une annulation de l’apparent antagonisme initial entre le Théâtre et le Poète qui, dans une revendication burlesque de sa noblesse et de sa perspicacité, en appelle à l’espérance d’une gloire littéraire future, au-delà des usurpateurs, parmi lesquels se trouvent évoqués les memoriones qui piratent ses comedias en les apprenant par cœur et en les revendant. La dérision sur laquelle s’achève le prologue, où le masque lopesque du poète affleure derrière celui, burlesque, de l’alchimiste et du héros de chevalerie dans sa quête farfelue de reconnaissance, répond à une volonté profonde d’affirmer, pour la postérité, la fierté auctoriale d’une science dramaturgique originale, déliée de toute dette à l’égard des préceptes classiques et résolument tournée vers l’avenir, invitant à une revendication de l’impression comme œuvre de mémoire littéraire.

Présentation en espagnol

La así titulada Parte d[i]ecinueve y la mejor parte de comedias se presenta, ya en su título a modo de reclamo publicitario, como el clímax de la dramaturgia lopesca. Por cierto, entre sus preliminares2, queda incluido el prólogo más extenso de sus Partes, probablemente el penúltimo de las Partes de comedias publicadas por Lope de Vega en su vida. Como en el prólogo dialogístico de la Parte XVI, Lope pone en escena a un personaje alegórico que personifica al teatro de corral. Se utiliza ya esta personificación en la mayor parte de los prólogos lopescos, en los que es el Teatro quien se dirige directamente al lector. Esta vez se le da la palabra en un diálogo con un Poeta que representa también por antonomasia al dramaturgo-poeta de la comedia afectado por las inquietudes de su siglo teatral. Por una parte, esta estructura favorece el esfumado de la frontera entre el marco prologal y la ficción teatral. Así el Poeta se ve fácilmente asociado por el Teatro a la figura del criado gracioso por la diversidad de sus protagonismos burlescos y su función metateatral. Por otra parte, la forma dialogada, que se nutre de los artificios de mayéutica propios del diálogo humanista, le permite a Lope encubrir sus posturas poéticas bajo las distintas máscaras de ambos personajes a quienes les toca hacerse el portavoz del autor y de sus funciones de crítico dramático o el eco paródico de sus contradictores. La teoría teatral de Lope de Vega se descubre en filigrana por el juego de la relación dialéctica y de distanciación burlesca que permite el diálogo teatral. En una elaboración esmerada del texto, la ironía, el humor, la metáfora y lo burlesco manejados por los personajes hacen cada vez más sutiles las posiciones teóricas del autor así como las pullas soltadas contra los detractores, a quienes se dedica el volumen a partir del epigrama en latín que precede el prólogo. ; La especificidad de este prólogo también procede de que Lope parece querer obedecer a un principio de exhaustividad para con el conjunto de circunstancias no sólo teóricas sino también prácticas en las que se inscribe la producción de sus obras. El prólogo dialogístico se inicia de manera original por una exposición de las dificultades generadas por el estatuto comercial del corral. A lo largo de un diálogo en el que el personaje del Teatro se hace el ingenuo, se denuncian, esgrimiendo cifras, las complicaciones de un mercado que más aprovecha a los arrendadores ya oficiales de los corrales madrileños que a los Autores o directores de escena y a los dramaturgos. El Poeta se hace eco de las evoluciones generadas desde 1615, en especial en materia de precios, por la reforma del sistema de beneficencia, cuyos fundamentos son los beneficios teatrales, ya que los corrales, como propiedades de las cofradías, sirven para sufragar los hospitales públicos. Esta evocación de las condiciones prácticas desemboca en una afirmación del genio poético como patrimonio del poeta. Así la función de la impresión de las comedias se plantea como una reivindicación metafórica de propiedad intelectual, con la preocupación permanente de Lope por luchar contra el plagio de sus obras en tela de fondo. De paso, se evocan las necesidades de reforma del mercado teatral por un Poeta que toma la máscara burlesca de los arbitristas utopistas que surgen en la literatura de la época, consciente de la decadencia. El teatro y su función económica se encuentran colocados aquí en el centro de una preocupación política global en el sentido antiguo de administración social y moral del reino. ; De la función política del teatro, el diálogo pasa a las funciones satíricas de una comedia que se remonta a Aristófanes. Así la flexibilidad del intercambio dialógico permite aclarar un vaivén establecido entre las realidades prácticas de la representación y las implicaciones teóricas que sustentan la poética de la comedia nueva tal como la entiende Lope en tanto profesional confirmado. El autor bajo la máscara del Poeta vuelve a afirmar, quince años después de su Arte nuevo, el principio de novedad que rige una dramaturgia más orientada hacia las exigencias del mercado teatral y sobre todo en función del placer del público que desde la óptica de una obediencia ciega a los preceptos, y eso que no les guste a sus detractores, quienes le acusan de ignorancia, y tampoco sin evocar la arbitraria tiranía crítica del público comercial. El teatro impreso se da entonces como invitación a un desciframiento de la « poética invisible » que se reivindica para la comedia. ¿Esta lectura no se hace necesaria por las deformaciones que sufren los textos de comedia tanto de parte de los actores, cuyos fallos de elocución son el blanco de una exposición burlesca, como de parte de los otros intermediarios y de los detractores de Lope? A este propósito, Poeta y Teatro conjuntamente fustigan a los críticos literarios que en un pésimo latín se resguardan detrás de unos preceptos mal entendidos. Ambos citan referencias filosóficas antiguas para mejor parodiar, mediante la ironía y la antífrasis, a los detractores de Lope con las armas, en especial neo-aristotélicas, que son las suyas. A través de estas críticas generales, Lope vuelve a denunciar personalmente a su principal adversario, Pedro de Torres Rámila, a quien nombra el « maestro de Alcalá », autor de La Spongia, una sátira violenta de la vida de Lope y sus obras, a la que Lope no deja de referirse en sus prólogos anteriores. ; La crítica literaria y teatral se vuelca sutilmente en una revelación de intención poética. Lope condena asimismo el desarrollo de las maquinarias en el teatro de corral, lo que le permite subrayar la índole imaginativa de la imitación poética en sus obras y volver a justificar, en filigrana, la publicación de un texto dramático con valor literario añadido. Frente al Teatro que le reprocha entonces que acuda a la autoridad poética de Escalígero, el Poeta afirma su independencia y rechaza de manera burlesca la imposición formal de las partes de la comedia así como los preceptos de los trágicos antiguos u horacianos para solo afirmar su voluntad de agradar al público. Parodiando los discursos teóricos con nuevas citas latinas, Lope se escuda detrás de la autoridad escéptica de Cicerón. El diálogo se resuelve en una anulación del aparente antagonismo inicial entre el Poeta y el Teatro, quien, en una reivindicación burlesca de su nobleza y de su perspicacia, recurre a la esperanza de una gloria literaria futura, más allá de los usurpadores, entre los cuales se alude a los Memoriones que piratean sus comedias aprendiéndolas de memoria y volviendo a venderlas. La irrisión con la que se remata el prólogo, en el que la máscara lopesca del poeta aflora debajo de la burlesca del alquimista y del héroe de caballería en su búsqueda descabellada de reconocimiento, obedece a una voluntad profunda de afirmar el orgullo autorial, para la posteridad, de una ciencia dramatúrgica original, desempolvada de las deudas con los preceptos clásicos y resolutamente orientada hacia el porvenir, invitando a una reivindicación de la impresión como obra de memoria literaria.

Texte

Prólogo Dialogístico

PERSONAS    Un Poeta y el Teatro.

Po.

{NP1} Buenos días, Teatro.

>

Te.

¡ Oh ! Poeta amigo, ¿ dónde bueno tan de mañana ?

>

Po.

A ver si estabas acabado.

>

Te.

¿ Qué más acabado3 me quieres ?

>

Po.

Harto más lo están los autores de las comedias.

>

Te.

¿ Quién les tiene la culpa ?

>

Po.

Dicen ellos que los que te arriendan a ti por veinte y seis mil ducados al año4.

>

Te.

¿ Tanto valgo yo en un lugar solo ?

>

Po.

Tanto vales, Teatro.

>

Te.

Pues ¿ esa ganancia no procede de los que representan ?

>

Po.

Eso está claro.

>

Te.

Pues ¿ cómo se pierden si los otros se ganan ?

>

Po.

Porque el representante5 lleva tres partes, y el arrendatario siete6, sin los aposentos y bancos7, que es un exceso terrible.

>

Te.

¿ Tendría eso remedio ?

>

Po.

Tendría.

>

Te.

¿ Cómo ?

>

Po.

Volviendo a estar las comedias en el precio antiguo.

>

Te.

¿ Qué precio ?

>

Po.

Medio real para el autor y medio para el arrendamiento, digo las obras piadosas, en que este provecho y renta se distribuye8.

>

Te.

Si no sois9 mejor poeta que arbitrista10, aprended otro oficio.

>

Po.

La experiencia nos enseñó entonces lo que se ganaba, que yo no doy arbitrios11, porque un real es bastante precio, y puédenle dar muchos con que cada día se doblaba la gente y ahora nadie quiere o no puede dar tanto dinero, ni el representante puede vivir con la poca parte que le toca, siendo tanto el exceso de las galas y los partidos12, pero si desto te has espantado ¿qué dijeras si te persuadiera yo a que en esta Corte no había de haber comedias desde primero de junio hasta fin de agosto13 ?

>

Te.

Tres meses sin comedia, ¡ Oh, qué gentil disparate !, que montan más de seis mil ducados al arrendamiento, y yo triste, de {NP2} teatro de tablas me hiciera bosque de pícaros14.

>

Po.

¿ Qué importa si se ganaran los mismos15 en solo setiembre, viniendo la gente con deseo como en otro tiempo solían cuando esto se gobernaba por mayordomos16 ? Que el haber cada día tantas comedias trae la gente sin gusto, y el vulgo tan entendido que no perdona sílaba, ni ya se les puede hacer plato17, sin decir lo dicho. Aquellos tres meses de calor excesivo en Madrid, no gana la salud nada, juntándose en ti la gente.

>

Te.

¿ También os hacéis médico ?

>

Po.

Sin esto la ganancia es poca o ninguna porque todos se van al río, autor más discreto que representa a deseo, y en unos charcos de agua detenida, con puerta franca, las historias honestísimas que toda la Corte18 sabe, con tan indignos espectáculos de nuestra nación severa, circunspecta y política.

>

Te.

¡ Graciosa figura19 debéis de ser ! Porque vos os habéis hecho arbitrista, médico y repúblico, y agora os hacéis predicador.

>

Po.

Los filósofos antiguos escribieron Económicas20 para que las Repúblicas viviesen con las leyes de la razón, que Económica también se traslada a la administración de los reinos, como quiere Aristóteles21 en el tercero de sus Políticas22, sin que nos metamos en la diferencia formal o específica entre las civiles juntas o los demás gobiernos23 ; y no fueron los poetas los que menos en sus comedias reprehendieron las costumbres, que de la sátira tuvo origen la comedia, y aquel antiguo Aristófanes24, porque no se atrevía ninguno, tiñéndose la cara, representó los vicios de Cleonte, tribuno poderoso de Atenas, como refiere en su vida Nicodemo25, su intérprete.

>

Te.

Pues yo os aconsejaría que echásedes por la lisonja que no está el tiempo para sufriros, a vos ni a nadie, reprehensiones.

>

Po.

Dicen los poetas en disculpas de esto, que no hablan con mala intención, sino que, por haber falseado el simple de la comedia (propia figura ridícula de la Nación española), han introducido la sátira para mover a risa. Como, por ejemplo, el marido descuidado, el viejo teñido, el calvo, y el galán con moño, cuya diferencia es tan antigua que della se ríe Platón en el quinto diálogo de su República26, que de las mujeres ya no se puede decir nada, que todo lo traen los hombres27.

>

Te.

Pues eso que a vos os parece donaire, no lo quiere nadie oír ni en seguidillas28 ni en lacayos29, y habrá comedia que no vendrán a ella todos los que tuvieren algunas de esas gracias y aun {NP3} podría ser que el poeta, en vez de adquirir opinión, se hallase con enemigos.

>

Po.

Nunca, Teatro, las cosas generales ofenden, y menos a los discretos que a los ignorantes.

>

Te.

Siempre son pocos los discretos30.

>

Po.

Preguntó Cisneros31, representando un Alcalde, que ¿por qué estaba preso un estudiante que entre otros salió a visita? Díjole el escribano, que por una sátira. ¿Qué es sátira? replicó Cisneros; sátira es, dijo el escribano, decir las faltas de los del lugar, y respondió Cisneros : ¿pues no sería mejor prender a los que tienen las faltas32 ?

>

Te.

Yo no lo apruebo, aunque Cisneros lo haya dicho, hombre cuyo donaire no tuvo igual en el mundo; pero volviendo al arrendamiento, os confieso que nunca lo he entendido : ¿ qué es lo que arriendan estos hombres ?

>

Po.

El provecho de las comedias.

>

Te.

¿ Quién hace las comedias ?

>

Po.

Los poetas.

>

Te.

¿ Y tiénenlas hechas ?

>

Po.

No, que las hacen cada día33.

>

Te.

Luego ¿ arriendan los ingenios de los poetas34 ?

>

Po.

Necio estás, que un hombre que arrienda una heredad no arrienda a la naturaleza que es instrumento de la providencia divina, sino el fruto que han de rendir las cepas o los árboles35.

>

Te.

¿ Y si se muriesen algunos poetas ?

>

Po.

No importa, que cada día nacen tantos de la codicia de la fama, como de la humidad [sic] del invierno, junto a los árboles, los hongos, y aun hay quien enseñe ya poetas y historiadores con preceptos y ejemplos que aunque se hicieron entre la cabeza y los pies, no tienen pies ni cabeza36.

>

Te.

¿ Pues con eso quedan enseñados los poetas y los historiadores ?

>

Po.

Con esto y con remitirse a una poética invisible37 que se ha de sacar agora de los libros vulgares.

>

Te.

¡ Notable monstro [sic] !

>

Po.

Será hijo de la ociosidad y de la ignorancia38.

>

Te.

Mucho es39 que haya en este tiempo quien escriba comedias, así por la rigurosa censura del vulgo junto40, que en mi teatro es un carro de paja con ocho reales de ámbar41, como por los accidentes que cada día suceden y otras veces he referido42, porque si un representante yerra una letra, pierde el poeta el paso43 y la comedia el gusto.

>

Po.

¿ De qué suerte ?

>

Te.

Como si por decir uno Arcadia, dijese Arcada, o por escritura, escriatura44.

>

Po.

Tienes razón, Teatro, que yo he visto, por un defeto que el latín llama Lapsus linguæ, parar la comedia un hora.

>

Te.

{NP4} ¿ Qué es lapsus linguæ ?

>

Po.

Háceste simple, pues yo te he visto, Teatro, hablar como filósofo muchas veces y no pocas en algunas ciencias, si no eres como un cortesano que, alabándose de que sabía latín, pidió a un maestro de Alcalá le escribiese una sátira que salió con su nombre y su vergüenza45.

>

Te.

Como esos publican en el suyo los verbos y las sátiras de otros y están contentos de escribir con duende como el demonio de Sócrates de quien le acusaron, como Jenofonte dice casi al principio de sus dichos y hechos Quamobrem, ut arbitror, accusatus est nova dæmonia introducere46.

>

Po.

Así es verdad, y como por instantes los cogen en sus ignorancias, dicen que no los responden a sus argumentos, como si con Anaxágoras sustentaran que era la nieve negra, como se refiere Tulio47, pero ignorando ¿ cómo pueden proponer cosa digna de respuesta ?

>

Te.

Valiéndose de las sombras48 que tú dices.

>

Po.

Dirán que ellos lo han hecho.

>

Te.

¿ Qué importa si esto es público y en crédito perdido no hay invención que valga ?

>

Po.

Toda la Filosofía se divide en dos partes, racional y real: de las cosas que no son, no hay ciencia sino de solo aquellas que tienen ente: este se divide en ente real y de razón, como quiere el Filósofo en el libro De Ánima: y así es necesario dividirse la filosofía en dos partes, Quarum una ens reale respiciat, altera vero circa ens rationis versetur49.

>

Te.

¿ A qué propósito salís ahora, cansadísimo Poeta, con ese disparate ? ¿ Pensastes que era yo escuela ?

>

Po.

Esto dije porque estos las ignoran entrambas y lo que tratan ni es ciencia especulativa ni práctica, pues ¿ de qué arguyen o con qué fundamento hablan ?

>

Te.

Vos sois harto más necio en reparar ni hacer caso de quien nadie le hace.

>

Po.

Hablé en lo que no pensaba y contigo todo se sufre50.

>

Te.

Nunca os inquieten hombres que solo sirven de zaguanes a los libros de los otros51.

>

Po.

Esto no entiendo.

>

Te.

Escribiendo cartas y prólogos con no mayor limpieza, donde a su modo de saber alaban, vituperan, censuran, gradúan, aprueban, y reprueban, dándonos que reír con su ignorancia y que llorar con su soberbia52.

>

Po.

Calla, Teatro, no busquen algún maestro de Alcalá53 o alguna fantasma de Lusitania54 que nos hagan algunas anotaciones que salgan en su nombre, aunque ellos blasonan de haber hallado una copiosa enciclopedia de todas las ciencias.

>

Te.

Como eso os halláis los poetas cada día para vuestras hipér{NP 5}boles, perlas, oro, plata, piedras, alquimias, flores, aceites, privilegios, y otros sueños semejantes que nadie puede creer en vuestros versos55.

>

Po.

Teatro, eso es Poesía, pero retomamos la plática en lo que más importa.

>

Te.

¿ Tenéis algunas comedias nuevas ?

>

Po.

Después que se usan las apariencias que ya se llaman tramoyas56, no me atrevo a publicarlas.

>

Te.

¿ Por qué ?

>

Po.

Porque, cuando veo todo un pueblo atento a una maroma57 por donde llevan una mujer arrastrando, desmayo la imaginación a los concetos y el estudio a las imitaciones58.

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Te.

Pues ¿ qué queríades ahora ? ¿ meteros con Escalígero59 a la división y partes de la comedia60 ?

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Po.

Bueno fuera61 que los españoles se embarazaran en eso y en que tuvieran los actos aquellas especiales partes, Prótasin, Epítasin, Catástasin, y Catástrofen62.

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Te.

¡ Qué pullas para el pueblo ! ¿ De qué conjuro las habéis sacado63 ?

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Po.

También lo son para mí que solo el agradarles64 tengo por máxima y cánsense Mancinelo sobre Horacio65 y Mizolo sobre Eurípides66. Pero bien dijo el Licenciado Ironía de Conculcabis67 en el libro futuro que se ha de imprimir en Roma.

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Te.

¿ Qué dijo ?

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Po.

Hasta ahora no ha dicho nada, yo te lo diré entonces, que Cicerón en el lib. 3 de sus Oficios dijo que le había dado licencia su Academia, ut quodcumque maxime probabile ocurrat, id nostro iure liceat defendere68.

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Te

Pues yo os quiero dar pesadumbre c[on] un lugar69 notable de Aristóteles, ya que me tenéis por agudo, aunque no por mal nacido, pues ya sabéis que mis dos apellidos son de la Cruz y del Príncipe70.

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Po.

¿ Cómo ?

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Te.

Futura repeti memoria non queunt, sed opinione potius comprehendi, ex spe præsumi possunt71.

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Po.

Bien dice, y bien lo traes, pero no hay opinión ni esperanza donde no hay ciencia y quédate con Dios, que me voy a Trapisonda72 a imprimir una historia prodigiosa de un varón santo73.

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Te.

¿ Aquí no hay impresiones ?

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Po.

Ando ocupado en distilaciones y alquimias.

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Te.

Solo eso os faltaba, ¡ seréis pobre y loco !

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Po.

Yo te daré un aceite de memoria74 que les dará la vida a tus representantes, puesto en las sienes.

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Te.

Cual75 era ese para muchos que la han perdido de sus cosas o piensan que los otros no la tienen76  : pero en pago os doy estas doce comedias de Lope, que es la parte decinueve [sic].

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Po.

¡ Oh ! Teatro, ¡ Dios te dé muchas comedias nuevas !

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Te.

¡ Oh ! Poeta, ¡ Dios os lleve con bien a Trapisonda !