IdT – Les idées du théâtre


 

Dédicace

El honrado hermano

Vega Carpio, Lope Félix de

Éditeur scientifique : Roquain, Alexandre

Description

Auteur du paratexteVega Carpio, Lope Félix de

Auteur de la pièce

Titre de la pièceEl honrado hermano

Titre du paratexteA Juan Muñoz de Escobar del Consejo de su Majestad (...)

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceRecueil de comedias

Date1623

LangueEspagnol

ÉditionDecimaoctaua parte de las Comedias de Lope de Vega Carpio..., En Madrid, por Juan González, a costa de Alonso Pérez..., 1623.

Éditeur scientifiqueRoquain, Alexandre

Nombre de pages3

Adresse sourcehttp://www.cervantesvirtual.com/obra/el-honrado-hermano--0/

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Vega-HonradoHermano-Dedicace.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Vega-HonradoHermano-Dedicace.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Vega-HonradoHermano-Dedicace.odt

Mise à jour2015-11-21

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComedia

SourcesHistoire véritable ; histoire antique (Horaces et Curiaces) ; question de la traduction

SujetVertu ; justice

AutreAb urbe condita libri, Tite Live ; Éthique à Nicomaque, Aristote ; La République, Platon ; La Cité de Dieu, Saint Augustin ; Ménandre ; Virgile

Mots-clés italiens

GenereCommedia

FontiStoria veritabile, storia antica (Orazi e Curiazi) ; traduzionz

ArgomentoVirtù ; giustizia

AltriAb urbe condita libri, Tito Livio ; Etica Nicomachea, Aristotele ; la Repubblica, Platone ; La Città di Dio, Sant’Augustino ; Menandro ; Virgilio

Mots-clés espagnols

GéneroComedia

FuentesHistoria verdadera ; historia antigua (Horacios y Curiacios) ; traducción

TemaVirtud ; justicia

OtrasAb urbe condita libri, Tito Livio ; Ética a Nicómaco ; Aristóteles ; la República, Platón ; La Ciudad de Dios, San Agustín ; Menandro ; Virgilio

Présentation

Présentation en français

Lope de Vega dédie El honrado hermano (Le frère honoré1) à Juan Muñoz de Escobar, un juriste influent du Conseil des Finances et du Tribunal des Comptes. Cette tragi-comédie fut composée entre 1596 et 1603 (probablement entre 1598 et 16002) et publiée dans la Parte XVIII (1623). Dans le même recueil de comedias, Lope s’adresse également à un haut conseiller : Gonzalo Pérez de Valenzuela3 – à cette époque, en effet, il s’approche des sphères du pouvoir car il convoite la fonction de chroniqueur royal. De fait, dans ses paratextes, Lope se montre très soucieux de la vérité historique.

Dès le début de la dédicace, Lope révèle la source d’inspiration de sa pièce. Il s’agit du début de Ab urbe condita libri (Histoire de Rome depuis sa fondation) de Tite Live et du fameux épisode des Horaces et des Curiaces. Horace incarne les qualités du héros romain : la virtus (force, courage et prudence) et la pietas (loyauté envers sa patrie). En effet, c’est par son intelligence et sa force qu’il réussit à tuer les trois frères Curiaces. Ce point de départ historique permet à l’auteur d’organiser son texte autour du concept de vertu.

La dédicace est un condensé des acceptions de ce terme-clé. Le dramaturge attribue au conseiller royal une panoplie de vertus pour honorer sa fonction conformément aux codes de courtoisie habituellement respectés dans ce genre de texte préliminaire. Si Lope évoque les caractéristiques de la vertu romaine (le courage et la prudence), il prend également en compte les vertus cardinales (prudence, force, justice, tempérance) en croisant les conceptions philosophiques d’Aristote et de Platon.

En définitive, Lope met l’accent sur un idéal de perfection, la bonté, qui englobe toutes les autres vertus. À la fin du texte, il cite littéralement La Cité de Dieu de Saint Augustin (Livre III, chapitre 14). Le dramaturge utilise également un passage de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote sans en préciser l’origine : il reprend partiellement une phrase de l’Éthique (Livre V, chapitre 1) et traduit probablement une version latine4 du texte grec. Il adapte le passage original sans indiquer le sujet de la phrase d’Aristote : la justice. Pour le Stagirite, la justice est la vertu suprême qui comprend toutes les autres vertus. Lope n’insiste pas littéralement sur la «justicia» et ne la mentionne qu’en position d’adjectif (« justa »). Il met en avant la bonté («bueno en sumo grado» : « extrêmement bon ») en tant que perfection absolue. Le terme « virtud » apparaît dans la traduction d’Aristote et est évoqué dans le texte de Lope à travers les attributs de la même notion (générosité, prudence, etc.). Lope explore la polysémie du langage juridique comme il le fait dans la dédicace de La piedad ejecutada adressée à don Gonzalo Pérez de Valenzuela.

Dans cette dédicace, on peut déceler des correspondances tacites. Lope mentionne Platon sans préciser sa source. Il s’agit ici d’une allusion au livre IV de La République. Le philosophe grec y énumère les vertus cardinales et fonde sa réflexion sur une cité idéale. Lope confronte implicitement cette cité philosophique à La Cité de Dieu, de Saint Augustin, penseur chrétien et Père de l’Église. Par ailleurs, le parallélisme entre le début et la fin de la dédicace (« primero libro de la historia romana » ; « premier livre de l’histoire romaine » / « principios de la sagrada Roma » ; « débuts de la Rome sacrée ») rend perceptible le déroulement du temps, depuis la fondation de Rome jusqu’au début de la chrétienté. Lope présente ainsi une histoire de la vertu, depuis la vertu romaine jusqu’aux vertus cardinales et théologales, ces dernières n’étant que sous-entendues dans l’expression « les principes de la Rome sacrée », qui joue sur les deux sens du mot «principios» : débuts et principes.

L’évocation de Ménandre, penseur et dramaturge de la nouvelle comédie grecque, permet à Lope d’associer philosophie et théâtre. Il donne une précision sur sa pièce et la qualifie de « véritable histoire ». En considérant Tite-Live comme le « prince de l’histoire romaine », le Phénix anoblit les lettres5.

Le style de ce texte liminaire est au service du discours encomiastique. Lope a recours également à une rhétorique de l’humilité dont l’objectif est la captatio benevolentiae du lecteur6. On peut remarquer surtout la présence d’un subtil métadiscours sur le caractère emphatique et hyperbolique du propos. L’expression « en sumo grado » peut être considérée dans son sens grammatical, dans la mesure où l’on peut affirmer que Lope écrit « au superlatif », réussissant à concilier le fond et la forme, notamment grâce à la répétition de l’adverbe quantitatif «tan». Cette modalité de l’exagération est liée à la caractéristique attribuée au dédicataire : la bonté. Toute l’écriture repose sur l’« appréciation » ou la « surenchère », deux sens possibles du terme « encarecimiento » auxquels s’ajoute celui d’« augmentation du prix » – probable référence à la fonction de comptable du dédicataire. Le même genre d’allusions peut se retrouver dans la formulation des éloges adressés à Juan Muñoz de Escobar à travers une série de parallélismes : « mayores elogios » / « mayores premios » (de plus grands éloges / de plus grands prix), « sumo encarecimiento » / « sumo grado » (une plus grande appréciation / un plus grand degré).

Lope reconnaît de manière allusive que l’histoire romaine peut être blâmable d’un point de vue chrétien. Selon Tite-Live, Horace tue sa sœur car elle a pleuré en apprenant la mort d’un des Curiaces qu’elle aimait. Saint Augustin condamne la cruauté de cette histoire. Lope confronte la pietas romaine à la compassion chrétienne. Dans le dernier acte de sa pièce, le dramaturge est assez fidèle aux faits historiques. Conscient du caractère potentiellement répréhensible de la tragi-comédie, Lope de Vega dédie sa pièce à Juan Muñoz de Escobar, s’assurant ainsi de son soutien.

Présentation en espagnol

Lope de Vega dedica El honrado hermano a Juan Muñoz de Escobar, un insigne jurista del Consejo de Hacienda y de la Contaduría Mayor de Cuentas. La comedia fue compuesta entre 1596 y 1603 (probablemente entre 1598 y 1600) y publicada en la Parte XVIII (1623). En la misma Parte, el autor se dirige también a otro consejero regio: Gonzalo Pérez de Valenzuela (dedicatoria de La piedad ejecutada). En aquellos años, Lope se acercaba a las esferas del poder, pues anhelaba el cargo de cronista real. Por ello, insistió en sus paratextos en el concepto de verdad histórica. ; Al principio de la dedicatoria, Lope revela la fuente del argumento de su comedia. Se trata del principio de Ab urbe condita libri (La historia de Roma desde su fundación) de Tito Livio y del famoso episodio de los Horacios y los Curiacios. Horacio encarna las cualidades del héroe romano: la virtus (fuerza, valor y prudencia) y la pietas (fe en la patria). Gracias a su fuerza e inteligencia, logró matar a los tres hermanos Curiacios. Este punto de partida histórico le permite al autor organizar este texto en torno al concepto de virtud. ; Esta dedicatoria condensa las acepciones de esta palabra clave. El dramaturgo le atribuye al consejero una panoplia de virtudes para honrar su función siguiendo los códigos de cortesía que suelen aplicarse en este tipo de texto preliminar. Si se toman en cuenta las características de la virtud romana (el valor y la prudencia), se consideran también las virtudes cardinales (prudencia, fortaleza, justicia y templanza) cruzando los planteamientos filosóficos de Aristóteles y Platón. ; En definitiva, Lope hace hincapié en un ideal de perfección, la bondad, en el cual se arraigan las demás virtudes. Utiliza un pasaje de la Ética a Nicómaco de Aristóteles sin precisar la ubicación de las palabras. Al final del texto, cita por extenso otra referencia: La Ciudad de Dios de San Agustín (Libro III, capítulo 14). El dramaturgo retoma parcialmente una frase de la Ética (Libro V, capítulo 1) y traduce probablemente una versión latina7 del texto griego. Adapta el pasaje original sin precisar el sujeto de la frase de Aristóteles: la justicia. Para el Estagirita, la justicia es la suprema virtud que engloba a todas las demás. Lope no insiste literalmente en la «justicia» y solo la menciona en posición adjetival («justa»). Incide en la bondad ( «bueno en sumo grado») en cuanto perfección absoluta. El término «virtud» aparece en la traducción de Aristóteles y está evocado en el texto de Lope a través de los atributos de la misma noción (generosidad, prudencia, etc.). Lope se vale de la polisemia del lenguaje jurídico como en la dedicatoria de La piedad ejecutada a don Gonzalo Pérez de Valenzuela. ; En este texto, se pueden percibir unas correspondencias tácitas. Lope menciona a Platón sin precisar la fuente. Se trata aquí de una alusión al Libro IV de La República. El filósofo griego enumera las virtudes cardinales y basa su reflexión en una ciudad ideal. Lope confronta implícitamente esa ciudad filosófica con La Ciudad de Dios, de San Agustín, autor cristiano y Padre de la Iglesia. Por otra parte, gracias al paralelismo entre ambos extremos de la dedicatoria («primer libro de la romana historia»/«principios de la sagrada Roma»), se percibe el desarrollo del tiempo desde la fundación de Roma hasta el inicio de la Cristiandad. El autor presenta de este modo una historia de la virtud: de la virtud romana a las virtudes cardinales y teologales, tan solo aludidas, estas últimas, en la expresión «principios de la sagrada Roma». Se han de considerar asimismo los dos sentidos de la palabra «principios» (inicios y normas). ; La evocación de Menandro, pensador y dramaturgo de la comedia nueva griega, le permite a Lope asociar filosofía y teatro. Da una precisión sobre su comedia y la califica de «verdadera historia». Al considerar a Tito Livio como «el príncipe de la romana historia», el Fénix ennoblece las letras8. ; El estilo del paratexto está al servicio del discurso encomiástico. Lope recurre a una retórica de la humildad cuyo fin es la captatio benevolentiae del lector9. Se nota sobre todo un sutil metadiscurso sobre lo enfático e hiperbólico. La expresión en «sumo grado» puede tomarse en sentido gramatical, por lo que se puede afirmar que Lope escribe en grado superlativo, logrando conciliar forma y fondo, como lo deja manifiesto la repetición del adverbio de grado «tan». Esta modalidad de la exageración se conecta con la característica atribuida al dedicatario: la bondad. Toda la escritura estriba en el «encarecimiento» y en su polisemia, ya que no se puede descartar la posibilidad de una alusión al cargo de contador del dedicatario, pues el término designaba una subida de precio. Por lo demás, lleva al extremo los elogios a través de una serie de paralelismos («mayores elogios»/«mayores premios»; «sumo encarecimiento»/«sumo grado»). ; Lope reconoce de manera alusiva que la historia romana puede ser reprobable desde un punto de vista cristiano. Según Tito Livio, Horacio mata a su hermana porque esa se puso a llorar al enterarse de la muerte de uno de los Curiacios al que amaba. San Agustín condena la crueldad de esa historia. Lope confronta la pietas romana con la compasión cristiana. En la última jornada de su comedia, el dramaturgo es bastante fiel a los hechos históricos. Frente al carácter potencialmente reprensible de la comedia, Lope de Vega quiere granjearse la protección de Juan Muñoz de Escobar dedicándole la obra.

Texte

A Juan Muñoz de Escobar

Del Consejo de su Majestad, su Contador Mayor de Cuentas10, Administrador general de los Almojarifazgos11 de Sevilla y juez de su desempeño12        

[fol. 105v] Esta romana historia de los Horacios y Albanos, que en su primero libro escribe el príncipe della Tito Livio13, ofrezco a Vuestra merced por no entrar a conocerle sin reconocimiento, cosa que tanto he deseado por la fama (aunque menor que sus méritos) de su valor y prudencia14, con las demás partes15 y virtudes por quien su Majestad ha puesto a Vuestra merced en tan honrosos cargos, y de quien es servido con tanta satisfacción16 y confidencia, con esperanza17 justa18 de mayores premios, dignos de [fol. 106r] su entendimiento19 y generoso20 pecho, cuya bondad21 se conoce de que se los desean tantos a quien Vuestra merced tiene obligados con sus buenos oficios22 y cortesía; porque fue opinión del Filósofo en las Éticas23 que aquello era bueno en sumo grado24, que no sólo usaba de su virtud para sí, sino también para los otros25. Esta bondad con prudencia, que celebraba Platón26 y le imitó Menandro27, resplandece en Vuestra merced con sumo encarecimiento28, y a quien se debían mayores elogios que los que puede comprehender tan corto ofrecimiento. No quise que fuese fábula, sino verdadera historia29, y tan calificada30 que no se desdeñó san Agustín de escribirla en el libro III de su Ciudad de Dios31, en el capítulo 14, disculpando las lágrimas de Horacia con el ejemplo de Eneas y de Marcelo en Sicilia32; que cuando no tuviera esta calidad, y la que le dan los principios de la sagrada Roma33, haberla dedicado a Vuestra merced y honrado de su nombre era calificación34 bastante. Dios guarde a Vuestra merced como deseo.

Su capellán,

Lope de Vega Carpio