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Dédicace

Arcadia, comedia famosa de Lope de Vega Carpio

Vega Carpio, Lope Féix de

Éditeur scientifique : Tropé, Hélène

Description

Auteur du paratexteVega Carpio, Lope Féix de

Auteur de la pièceVega Carpio, Lope Féix de

Titre de la pièceArcadia, comedia famosa de Lope de Vega Carpio

Titre du paratexteAl doctor Gregorio López Madera

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceComedia

Date1620

LangueEspagnol

ÉditionMadrid, Viuda de Alonso Martín, 1620, in-4º

Éditeur scientifiqueTropé, Hélène

Nombre de pages3

Adresse sourcehttp://bibliotecadigitalhispanica.bne.es/view/action/nmets.do?DOCCHOICE=1674941.xml&dvs=1368350110417~912&locale=fr&search_terms=&adjacency=&VIEWER_URL=/view/action/nmets.do?&DELIVERY_RULE_ID=4

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Vega-Arcadia-Dedicace.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Vega-Arcadia-Dedicace.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Vega-Arcadia-Dedicace.odt

Mise à jour2014-05-23

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComedia : comédie pastorale

SourcesRupture avec la poésie bucolique de Théocrite et de Lope de Rueda

ReprésentationPlagiat durant la représentation

RéceptionDésintérêt du public pour la comédie latine (comédie palliate de Sextus Turpilius) ; diffusion internationale des comédies de Lope

Relations professionnellesThéâtre et économie de la bienfaisance ; éditions défectueuses ; histoire éditoriale ; relations entre auteurs, directeurs de troupe et plagiaires : memoriones ; Gran memoria ; préjudices financiers

AutreAristote ; Saint Augustin ; Cicéron ; Petrus Crinitus ; La Lindia de Sextus Turpilius ; Pline ; Sénèque ; Théocrite ; Lope de Rueda

Mots-clés italiens

GenereComedia : commedia pastorale

FontiRottura colla poesia buccolica di Teocrito e di Lope de Rueda

RappresentazionePlagio durante la rappresentazione

RicezioneDisinteresse del pubblico per la commedia latina (commedia palliata di Sesto Turpilio) ; diffusione internazionale delle commedie di Lope

Rapporti professionaliTeatro e economia della beneficienza ; edizioni diffettose ; storia editoriale ; relazioni tra autori, capocomici e plagiari ; memoriones ; Gran memoria ; pregiudizi finanziari

AltriAristotele ; Sant’Agostino ; Cicerone ; Petrus Crinitus ; La Lindia di Sesto Turpilio ; Plinio ; Seneca ; Teocrito ; Lope de Rueda

Mots-clés espagnols

GéneroComedia : comedia pastoral

FuentesRuptura con la poesía bucólica de Teócrito y Lope de Rueda

RepresentaciónPlagio durante la representación

RecepciónDesinterés del público por la comedia latina (comedia palliata de Sextus Turpilius ; difusión internacional de las comedias de Lope de Vega

Relaciones profesionalesTeatro y economía de la caridad ; ediciones defectuosas ; historia editorial ; relaciones entre poetas, representantes y plagiarios ; memoriones ; Gran memoria ; pérdida financiera

OtrasAristóteles ; San Agustín ; Cicerón ; Petrus Crinitus ; La Lindia de Sextus Turpilius ; Plinio ; Séneca ; Teócrito ; Lope de Rueda

Présentation

Présentation en français

Écrite et représentée entre le 23 décembre 1614 et le 20 avril 1615, la comedia La Arcadia (L’Arcadie)1 est la première pièce de la Treizième partie des comedias de Lope de Vega Carpio (Madrid, 1620). Son argument est similaire à celui du roman pastoral de Lope qui porte le même titre, publié en 1598. De la même façon que dans la préface du volume, Lope se plaint du plagiat de ses pièces par des memorillas qui, après avoir assisté à la représentation des œuvres, les retranscrivent infidèlement, d’après le souvenir qu’ils en ont, puis les vendent aux éditeurs. Lope dénonce en particulier les méfaits de l’un d’entre eux, surnommé « Grande mémoire » (el Gran memoria) dont on sait qu’il s’appelait en réalité Remírez de Arellano ; en 1615, le texte de La dama boba (La Petite Niaise) avait été ainsi piraté par ce fameux memorilla, comme le narre Cristóbal Suárez de Figueroa dans sa Plaza Universal (Place Universelle, 1615) : « Celui-ci retient par cœur une pièce entière après l’avoir vue trois fois […]. Il a ainsi piraté La dama boba, El príncipe perfecto (Le Prince parfait) et La Arcadia ainsi que quelques autres ».

Cette dédicace est construite autour d’un double thème. Lope en appelle d’abord à la protection du juriste Gregorio López Madera, membre du Conseil Suprême du roi et Protecteur des hôpitaux ; à ce titre, il devait administrer les théâtres populaires ou corrales, le produit des entrées de ces derniers étant reversé aux hôpitaux. Après le décès du Juge Protecteur don Diego López Salcedo vers 1620 (on ignore la date exacte), Gregorio López Madera lui succéda jusqu’en 1632, gérant les revenus des théâtres pour le compte de l’hôpital général. Le Phénix s’en remet à lui non seulement en sa qualité de Protecteur des hôpitaux mais aussi parce que ce magistrat était l’auteur d’ouvrages qui jouissaient d’une certaine notoriété. Le poète entendait sauver son crédit entaché par nombre d’éditions falsifiées ou défectueuses réalisées sans son consentement, ainsi que par la publication sous son nom de pièces apocryphes. Selon cette dédicace, il régnait un incroyable désordre dans la publication des œuvres dramatiques et certaines personnes malhonnêtes vivaient de leur piratage. C’est la raison pour laquelle Lope adresse cette dédicace à Gregorio López Madera, le priant instamment de mettre un terme au désordre. On ignore si cette demande porta ses fruits. Il semble que ce ne fut pas le cas.

Le Phénix condamne sans appel le plagiat de ses pièces et nie que des personnes, même douées d’une mémoire exceptionnelle, puissent reproduire fidèlement le texte entier d’une œuvre dramatique. Il accuse les falsificateurs de porter préjudice aux dramaturges en dénaturant leurs pièces et en les privant du bénéfice de leur vente. Il n’hésite pas à les assimiler très directement à des voleurs.

La seconde partie du texte est consacrée au thème de la mémoire, une faculté de l’âme essentielle que Lope vante en faisant montre, comme à d’autres nombreuses occasions, d’une érudition aussi vaste que touffue, citant des phrases sur la mémoire écrites par des auteurs faisant autorité, égrenant aussi des noms de personnalités qui s’illustrèrent autant par leur intelligence que par leur remarquable mémoire. Dans cette seconde partie, il condamne à nouveau les faussaires et nie que, comme ces hommes exceptionnels qu’il a cités, ces memoriones puissent apprendre une pièce entière par cœur, raison pour laquelle, selon lui, ils dénaturent les textes lorsqu’ils les réécrivent.

Il finit sur la promesse d’offrir au magistrat des œuvres plus importantes et, afin qu’il ne soit point déçu par la pièce qu’il lui a dédiée, La Arcadia, il l’informe prudemment qu’elle met en scène des bergers de l’Arcadie, imitant ainsi l’écriture antique, mais en suivant toutefois les usages propres à l’Espagne. Elle s’éloigne donc grandement de la poésie bucolique de Théocrite.

Présentation en espagnol

Escrita y representada según se cree entre el 23 de diciembre de 1614 y el 20 de abril de 1615, La Arcadia2, es la primera obra de la Trezena parte de las comedias de Lope de Vega Carpio (Madrid, 1620). Tiene idéntico argumento que la novela pastoril del mismo título publicada en 1598. Como en prólogo de ese volumen, Lope se queja de los llamados « memoriones » o « memorillas » que, tras asistir a la representación de las obras, las volvían a escribir de forma incorrecta a partir de lo que recordaban y las vendían a los libreros. Lope arremete en especial contra un tal Luis Remírez de Arellano, un famoso poeta duende apodado « el gran memoria » que, en 1615, había « tomado » el texto de La dama boba, según afirmó Cristóbal Suárez de Figueroa en la Plaza Universal (1615) : « Este toma de memoria una comedia entera de tres veces que la oye […]. En particular tomó así La dama boba, El príncipe perfecto y La Arcadia, sin otras ». ; El tema de esta dedicatoria es doble. En primer lugar, su autor pide amparo al jurista Gregorio López Madera, miembro del Supremo Consejo del rey que, como Protector de los Hospitales de Madrid, se encargaba de la administración de los corrales de comedias ya que el producto de la venta de entradas se destinaba a los centros hospitalarios. Muerto el Juez Protector don Diego López Salcedo, hacia 1620 le sucedió López Madera que ocupó el cargo hasta el año 1632 encargándose de la inspección de los teatros que gestionaba a beneficio del Hospital General. El Fénix se acoge a él no sólo por su cometido oficial, sino también por ser el magistrado autor de obras que gozaban de cierto prestigio. Para Lope se trataba de salvar su reputación, amenazada tanto por ediciones falsificadas y defectuosas de sus obras (que se habían realizado sin su consentimiento) como por la utilización fraudulenta de su nombre en comedias que no eran de él. Según su testimonio, reinaba un tremendo desorden en la publicación de las obras dramáticas y no faltaba quien vivía de « piratear » obras ajenas. Por esa razón ruega con insistencia a López Madera que ataje tales irregularidades. No se sabe si esta petición surtió efecto. ; Lope de Vega denuncia el plagio de sus comedias y niega que los « memoriones » puedan reproducir de forma fiel el texto entero de una comedia. Les acusa de perjudicar a los dramaturgos, desfigurando los textos y privándoles del beneficio de la venta de sus creaciones y no vacila en calificar a estos falsarios de ladrones descarados. ; La segunda parte del texto está dedicada al tema de la memoria, una facultad esencial del alma que Lope alaba valiéndose, como otras veces, de una muy farragosa erudición, citando dichos famosos sobre la memoria y a hombres bien conocidos que destacaron tanto por su ingenio como por su notable retentiva. Vuelve a condenar a los « memoriones » que, a diferencia de esos hombres excepcionales que menciona, no están en absoluto capacitados para retener una comedia entera y, por esa razón, los textos terminan desnaturalizados. ; Termina con la promesa de dedicar al cultísimo magistrado obras, según él, más importantes; por fin, con vistas a prevenir su posible desilusión, le advierte prudentemente que la comedia que le dirige es de pastores de la Arcadia, que como tal imita la Antigüedad (si bien al uso de España) y que, por tanto, queda lejos de la poesía bucólica de Teócrito.

Texte

Al doctor Gregorio López Madera3 del Consejo Supremo de su Majestad

{NP1} De haber llegado vuestra merced por tan justos méritos al lugar que tiene en el Supremo Consejo, le dan el parabién, entre infinito número de aficionados a sus virtudes y letras, todos los naturales de su patria, que tanto ha honrado con los singulares frutos de sus estudios ; y a los que escriben el arte de la poesía de las comedias pueden asimismo dársele de que vuestra merced haya sucedido en la protección y amparo de las que para serlo de los pobres, y honesto entretenimiento de esta corte, se representan en ella y en las demás ciudades de España. De estas he escrito muchas ; que con genio particular me dediqué a este género de letras desde mis tiernos años; aunque para dar satisfacción de otras mayores en diversos libros, llamé a las musas a más sublime estilo, puesto que en la antigüedad no fuera necesario, pues ni el heroico era lírico, ni el epigramatario, trágico4. Así los describe Crinito5 ; y dieron a los cómicos notables honras Italia y Grecia, tanto, que nunca parece que acaban de alabar graves autores las fábulas y comedias de Sexto Turpilio6, mayormente la Lindia, donde celebran aquellos senarios7, de que hoy se hiciera tan poco advertimiento en los teatros de España. De las que he escrito, si bien inferiores a las de tantos ingenios, que las escriben con suma felicidad y elegancia, he dado a luz algunas, para remediar, si pudiese, que las impriman, como lo han hecho, tan desfiguradas de sus principios, que tales agravios no se han recibido en el mundo de autor vivo, ni tales testimonios levantados a entendimiento muerto ; porque más parecen sueños que versos, y más locuras que sentencias ; de las que he dado a luz, es esta la quinta parte, y en orden a las demás, la décimatercia8. Debíase su dirección justamente a vuestra merced como primitivo don del nuevo cargo ; que ya estos campos son suyos; y pues en algunas se trata tanta variedad de letras humanas y divinas, ¿ a quién mejor que al príncipe de todas como son evidente ejemplo las Animadversiones al derecho, las Excelencias del Bautista los Santos de Granada y las Grandezas de España, que a escribirlas de otra pluma, la de vuestra merced fuera la mayor suya ? Espero, entre otras cosas, que quien ha escrito e impreso (si bien en tan distintas y altas materias) se dolerá de los que escriben, y que ahora tendrá remedio lo que tantas veces se ha intentado, desterrando de los teatros unos hombres que viven, se sustentan y visten de hurtar a los autores las comedias, diciendo que las toman de memoria de solo oírlas, y que este no es hurto, respecto de que el representante las vende al pueblo, y que se pueden valer de su memoria, que es lo mismo que decir que un ladrón no lo es porque se vale de su entendimiento, dando trazas, haciendo llaves, rompiendo rejas, fingiendo personas, cartas, firmas y diferentes hábitos. Esto no solo es en daño de los autores, por quien andan perdidos y empeñados, pero, lo que es más de sentir, de los ingenios que las escriben, porque yo he hecho diligencia para saber de uno de estos, llamado el de la gran memoria9, si era verdad que la tenía y he hallado, {NP2} leyendo sus traslados, que para un verso mío hay infinitos suyos, llenos de locuras, disparates e ignorancias, bastantes a quitar la honra y opinión al mayor ingenio en nuestra nación y las extranjeras, donde ya se leen con tanto gusto10. Pues, si aquel antiguo poeta quebró al ollero los vasos con el báculo, porque cantaba mal sus versos11 ¿ qué harán los que ven contrahacer los suyos de oro en barro ? La memoria llamó Aristóteles habitus phantasmatis12y, en otra parte, figurationis13, en oradores y jurisperitos, famosa joya adquirida y aumentada con la cultura, como Cicerón lo dijo ; pero si el filósofo siente que magis memoria vigent, qui obtuso hebetique ingenio sunt14, claro está que no pudiendo este adquirir, de oír representar, una comedia toda, ha de suplir sus defectos con sus versos ; y que siendo de tan corto ingenio, ha de ser disparates lo añadido, porque no es posible que en tanta copia de figuras y diversidad de acciones pueda percibir a la letra más de lo que permite la brevedad del tiempo en que las oye, y que desde allí al que las escribe ha de pasar distancia ; y así llamó San Agustín a la memoria infida custos15 y, en su « Ciudad de Dios » dijo : Quis enim dubitet multo esse melius habere bonam mentem, quam memoriam quantumlibet ingentem16 ? En sus Tusculanas la llamó Tulio17 rerum signatarum in mente vestigium18 ; pero no para las mismas palabras, dicciones y versos, donde sería tan notable defecto faltar una sílaba, cuanto más una cadencia. Al ilustrísimo arzobispo de Toledo, don Bernardo de Rojas, oí un sermón entre los dos coros, y se le envié al día siguiente escrito en verso, como anda impreso en mis Rimas sacras19. Esto es posible porque no se obliga a la memoria a percibir las mismas palabras, sino a las mismas sentencias, y es más fuerza del ingenio que suya ; pero percibir rigurosamente una fábula toda, de solo oírla las veces que se representa, fuera cosa rara; más no la habemos visto. Confieso que es una excelente potencia ; que non modo philosophiam, sed omnis vitae usum, omnesque artes una {NP3} maxime continet20, y así la estimo ; pero con invención y mentira la desalabo. Hombres ha habido de una gran memoria. Plinio y Gelio escriben de Mitrídates21 que sabía las lenguas de las veinte y dos naciones sujetas a su imperio ; dos mil nombres recitaba Séneca22, y esto mismo hacía el ilustrísimo Señor Don Íñigo de Mendoza, catedrático en la Universidad de Alcalá cuando yo estudiaba en ella.