IdT – Les idées du théâtre


 

Pièce poétique

Norte de la poesía española, ilustrado del sol de doce comedias (que forman segunda parte) de laureados poetas valencianos, y de doce escogidas loas y otras rimas a varios sujetos

Boyl, Carlos

Éditeur scientifique : Elvira, Muriel

Description

Auteur du paratexteBoyl, Carlos

Auteur de la pièceMey, Aurelio (compilateur / éditeur)

Titre de la pièceNorte de la poesía española, ilustrado del sol de doce comedias (que forman segunda parte) de laureados poetas valencianos, y de doce escogidas loas y otras rimas a varios sujetos

Titre du paratexteA un licenciado que deseaba hacer comedias, Romance

Genre du textePièce poétique

Genre de la pièceRecueil de comedias

Date1616

LangueEspagnol

ÉditionValencia, en la impresión de Felipe Mey, junto a S. Juan del Hospital, 1616, in-4°

Éditeur scientifiqueElvira, Muriel

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://books.google.es/books?id=-9VFAAAAcAAJ&dq=%22Norte%20de%20la%20poes%C3%ADa%20espa%C3%B1ola%22&hl=es&pg=PT4#v=onepage&q&f=false

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Turia-Norte-Romance.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Turia-Norte-Romance.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Turia-Norte-Romance.odt

Mise à jour2014-10-30

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComedia ; tragedia ; tragicomedia ; sous-genres : comedia de cape et d’épée, comedia religieuse

SourcesThéagène et Chariclée : modèle de suspens ; Art d’aimer d’Ovide : modèle des poètes dramatiques

SujetAmour et conflits guerriers ; l’homme loyal qui se déguise en traître ; le persécuté qui méprise son bourreau ; un homme ballotté par la Fortune ; personnages extrêmes (Alexandre, Eriphyle, Néron, Phèdre)

DramaturgieDivision en trois actes ; intrigue lisible et efficace ; écrire le premier acte à la fin ; ne pas répéter les éléments d’exposition ; monologues courts ; suspens dramatique ; un seul morceau chanté par comedia

LieuUnité de lieu : dans une seule maison

Personnage(s)Quatre personnages principaux : soubrette, valet, spadassin, duègne

RéceptionPublic populaire (parterre) / public des salons

FinalitéPlaisir

ExpressionLangage pur ; quelques pointes et sentences ; langage populaire pour les personnages populaires ; métrique : cent dizains par acte (divisés en deux strophes de cinq vers), un seul sonnet, un seul « romance », pas de tercets ni de stances ; strophes divisées en questions / réponses

Relations professionnellesCollaboration avec d’autres auteurs : Gaspar Mercader (morceaux chantés), Luis Ferrer y Cardona (loas), Ricardo de Turia (quintils et vers ingénieux)

Mots-clés italiens

GenereComedia ; tragedia ; tragicommedia ; generi connessi : comedia di cappa e spada, comedia sacra

FontiTeagene e Cariclea : modello di suspense ; Arte di amare di Ovidio : modello dei poemi drammatici

ArgomentoAmore e conflitti guerreschi ; l’uomo leale travestito da traditore ; il perseguitato che sprezza il carnefice ; l’uomo sballottato dalla Fortuna ; personaggi estremi (Alessandro, Erifile, Nerone, Fedra)

DrammaturgiaDivisione in tre atti ; intreccio lisibile e efficace ; scrivere il primo atto alla fine ; non ripetere l’esposizione ; monologhi brevi ; suspense ; un unico pezzo cantato in ogni comedia

LuogoUnità di luogo ; in un’unica casa

Personaggio(i)Quattro personaggi principali : servetta, servo, spadacino, governante

RicezionePubblico popolare (platea) ; pubblico dei salotti

FinalitàPiacere

EspressioneLinguaggio pura ; qualche acutezza e massima ; linguaggio popolare per i personaggi popolari ; metrica : cento strofe di dieci rime (due strofe di cinque versi) per ogni atto, un unico sonetto, un unico « romance », niente terzetti, nè stanze ; strofe divise in domande / risposte

Rapporti professionaliCollaborazione con altri autori : Gaspar Mercader (pezzi cantati), Luis Ferrer y Cardona (loas), Ricardo de Turia (strofe da cinque versi e versi ingegnosi)

Mots-clés espagnols

GéneroComedia ; tragedia ; tragicomedia ; subgéneros : comedia de capa y espada, comedia de divinas apariciones

FuentesTeágenes y Cariclea : modelo de suspense ; El arte de Amar de Ovidio : modelo de los dramaturgos

TemaAmor y guerras ; el leal que finge ser traidor ; el perseguido que menosprecia al verdugo ; un hombre atropellado por la Fortuna ; personajes extremos (Alejandro, Erífile, Nerón, Fedra)

DramaturgiaDivisión en tres actos ; intriga clara y eficaz ; escribir el primer acto al final ; no repetir los elementos de exposición ; monólogos cortos ; suspense ; una sola composición cantada en cada comedia

LugarUnidad de lugar : en una sola casa

Personaje(s)Cuatro personajes principales : el lacayo, la fregona, el escudero y la dueña

RecepciónEl vulgo : el público más culto de las « salas »

FinalidadPlacer

ExpresiónLenguaje castizo ; escasas agudezas o sentencias ; lenguaje popular para los personajes del pueblo ; métrica : cien estrofas de diez versos en cada acto (divididas en dos estrofas de cinco versos), un solo soneto, un solo romance, ningún terceto, ninguna estanza ; estrofas divididas en preguntas / respuestas

Relaciones profesionalesColaboración con otros ingenios : Gaspar Mercader (para los fragmentos cantados), Luis Ferrer y Cardona (loas), Ricardo de Turia (quintillas y versos conceptuosos)

Présentation

Présentation en français

Ce romance dédié « À un Licencié qui désirait écrire des comedias » présente une série de conseils pour écrire de bonnes comedias. L’auteur en est Carlos Boyl, poète valencien, dont on ne conserve qu’une seule comedia (Le Mari rassuré), publiée dans le même recueil que le romance préliminaire que nous éditons ici (Nord de la poésie espagnole, 1616). On lui connaît également de nombreux poèmes, écrits pour l’Académie des Adorateurs de Valencia, dont il fut membre fondateur, et réunis dans la Deuxième partie de la Sylve, des vers et des loas de Lisandro (Valencia, Miguel Prats, 1600). Il s’agit donc d’une figure secondaire de la littérature espagnole du Siècle d’Or, mais très active dans la vie littéraire valencienne du début du XVIIe siècle. La liste des dramaturges valenciens qu’il cite à la fin du romance (Gaspar Mercader, Luis Ferrer, Ricardo de Turia) montre qu’il était parfaitement intégré aux réseaux de la création dramatique valencienne de l’époque.

Le dédicataire du romance, un « licencié » anonyme, est sûrement fictif. En effet, cette figure apparaissait déjà dans un autre romance du même Carlos Boyl, intitulé « À un licencié qui désirait être poète »1 et publié en 1600. L’aspect répétitif du procédé fait penser à un exercice de style, selon un format bien adapté à l’expression d’idées théoriques sur la création littéraire2.

Le fait que ce romance, consacré à l’art d’écrire des comedias, ait été publié dans le paratexte d’un volume qui inclut une comedia du même Carlos Boyl nous oblige à mettre les deux textes en relation. Or, certains indices nous invitent à penser que la pièce de C. Boyl est antérieure à 1604, peut-être même à 1600. Elle est en effet mentionnée dans le romance « À un licencié qui désirait être poète », dont nous pouvons connaître la date d’écriture à partir de deux indices contradictoires : les derniers vers indiquent qu’il fut écrit le 10 mars 1604, mais il est publié dans un recueil de poèmes qui porte sur la couverture la date de 1600 (à l’évidence, l’une des deux dates est fausse). Quant au romance « À un Licencié qui désirait écrire des comedias », un détail permet également d’en situer la composition aux alentours de 1600 : Luis Ferrer de Cardona y est présenté comme destiné à exercer les plus hautes responsabilités à Valencia (« le grand Ferrer / qui va gouverner Valencia ») sans détenir encore le pouvoir ; or il hérita de la charge de Gouverneur Général du royaume et de la ville de Valencia à la mort de son père, survenue le 6 février 16013. Il est donc possible que toutes les productions de C. Boyl que nous connaissons soient antérieures à 1600 : la comedia, les deux romances et le reste de ses poèmes imprimés. Cela expliquerait la ressemblance formelle et thématique des deux romances, probablement écrits à quelques mois de distance, ainsi que le caractère suranné des préceptes donnés pour l’écriture des comedias. ; Cela étant, la publication du romance « À un Licencié qui désirait écrire des comedias » au sein du Nord de la poésie espagnole de 1616 étonne. Comment un ouvrage qui se targue de montrer la voie à suivre en matière de création dramaturgique peut-il inclure un texte préceptif qui ignore complètement l’Art nouveau d’écrire des comedias de 1609, le contredit même sur certains points et présente un état de la comedia visiblement antérieur à la théorisation de Lope ? Cela est d’autant plus surprenant que le romance de Boyl est précédé, dans le Nord de la poésie espagnole, d’un autre texte théorique capital pour la défense de la Comedia Nueva et de Lope de Vega en particulier : l’Apologie en faveur des comedias d’Espagne attribuée à Ricardo de Turia4.

À cette question, les travaux d’H. Mérimée permettent d’apporter des éléments de réponse. Selon lui, la publication du Nord de la poésie espagnole obéit à une logique commerciale. Les éditeurs espérèrent renouveler le succès éditorial d’un premier recueil, intitulé Douze comedias (Doce comedias), qui avait bénéficié de trois éditions en 1608, 1609 et 16145. Il s’agissait cette fois encore de tirer de l’oubli la plus grande quantité possible de textes de la production valencienne locale, aussi bien des comedias que des textes théoriques comme ce romance, pour satisfaire la demande du public6. Cette exigence d’exhumation de « vieux » textes entrait en conflit avec le deuxième objectif de la publication du Nord de la poésie espagnole, à savoir la défense de Lope de Vega et la revendication d’une nouvelle manière d’écrire des comedias. Sans doute s’agit-il en fin de compte d’une espèce d’hommage pro domo des défenseurs valenciens de Lope envers l’un des précurseurs de la rénovation de la Comedia. ; Les idées contenues dans ce romance confirment qu’il ait pu être perçu comme un précurseur incomplet ou inachevé du renouveau de la Comedia. Les définitions que donne Carlos Boyl des trois genres traditionnels du théâtre (la tragédie, la comédie et la tragi-comédie), inspirées de Donat, trahissent sa conception très ancienne de la comedia. En distinguant les trois genres en fonction de leur fin heureuse ou malheureuse, Boyl semble ignorer totalement la redécouverte de la Poétique d’Aristote qui, à la même époque dans d’autres pays, conduisit à repenser ces trois genres en fonction de la nature de la fable7 – d’ailleurs, il lui importe peu de faire état d’une connaissance, même minime, de l’aristotélisme, contrairement à ce que fera Lope quelques années plus tard8. Il méconnaît également (sans doute parce qu’elle est postérieure) la revendication par Lope de Vega d’une comedia qui soit un mélange entre la comédie et la tragédie9, affirmation reprise dans l’Apologie de Ricardo de Turia, et il défend encore la nécessité de respecter l’unité de lieu. En parfaite cohérence avec cette conception ancienne de la comedia, il considère que les personnages principaux doivent être de basse extraction et s’exprimer dans un langage également bas (« Le valet et la soubrette / le spadassin et la duègne / parleront au naturel / le langage du commun »). Cela va à l’encontre de l’innovation de faire intervenir des personnages de la noblesse et même des rois, que revendiqueront l’Art nouveau et l’Apologie. Pourtant, il suffit de lire la seule comedia de Boyl que nous connaissions pour constater qu’il n’a pas suivi cette recommandation, puisque les personnages principaux de sa comedia sont un roi et un comte. Par conséquent, il existe un décalage entre la pensée théorique de Boyl, qui reste fidèle aux catégories médiévales, et sa pratique théâtrale, qui s’est déjà émancipée desdites catégories. C’est Lope qui aura l’autorité et l’indépendance nécessaires pour « enfer[mer] les préceptes à double tour »10. On peut commenter dans le même sens le fait que Boyl attribue explicitement à la comedia une finalité soi-disant unique, faire rire (il parle des « règles comiques » qui sont censées régir la comedia), alors qu’il mentionne par ailleurs des scènes pathétiques qui, selon une pure définition médiévale, ne devraient pas y avoir leur place.

Cela étant, les préceptes de Boyl en matière de métrique sont très fidèles à sa pratique de poète comique et, disons-le, assez austères. Il recommande l’usage presque exclusif de strophes de dix vers qui, comme en témoigne sa comedia, suivent le schéma suivant : ABABA CDCDC. Un seul romance et un seul sonnet sont acceptés dans chaque comedia. On est loin de la brillante polymétrie que recommandera Lope de Vega.

En revanche, d’autres points de ce romance semblent bel et bien annoncer l’Art nouveau, en particulier lorsque Boyl ébauche une rapide histoire du genre comique : il oppose les comedias modernes à celles, antérieures aux années 1580, qui comportaient encore un chœur et des scènes, selon le modèle des comédies de l’Antiquité. Il suggère en outre que les anciennes comedias contenaient des pasos et des autos. Seuls trois actes composent désormais la comedia moderne, écrit Boyl. C’est un premier jalon dans la revendication d’un genre nouveau. Mais la théorisation de la Comedia Nueva en reste là, comme on l’a vu.

Un autre point commun avec l’Art nouveau est la subordination de l’art d’écrire des comedias à une finalité très claire, celle de capter l’intérêt du public et de veiller à lui procurer du plaisir. La clé de l’efficacité dramatique réside dans le fait de soutenir l’attention du public jusqu’au dernier moment, en retardant le dénouement de l’intrigue jusqu’aux derniers vers de la pièce. « Or l’attention du parterre / est fragile comme un fil », nous dit Boyl, raison pour laquelle elle mérite toute la vigilance du bon dramaturge. D’où la nécessité de ne pas écrire une œuvre trop longue, ni d’introduire trop de sentences – qui pourraient détourner l’attention du public des scènes les plus dramatiques – ou celle de limiter les monologues à quelques vers pour ne point ennuyer. Le choix du thème de la comedia est également lié à cet impératif et c’est pourquoi Boyl énumère ceux qui ont la faveur du public. Il privilégie les situations les plus dramatiques, ainsi que des personnages aux caractères tranchés ou intenses, afin de créer des scènes spectaculaires.

Pour finir, signalons une dernière ressemblance avec l’Art nouveau de Lope : le souci du succès futur de la pièce conduit les deux dramaturges à entrer dans des considérations très pragmatiques sur la composition – par où commencer la rédaction, comment la poursuivre, où et quand introduire les éléments d’exposition, etc. Nous entrons dans l’atelier du dramaturge, plus soucieux de l’efficacité des « trucs » qu’il nous enseigne qu’intéressé par un quelconque débat théorique sur la Comedia (contrairement cette fois au cas de Lope qui, lui, entrera de plain-pied dans ces débats), sans doute parce qu’à la date de composition du romance, la querelle sur la Comedia n’était pas encore d’actualité.

Présentation en espagnol

Este romance dedicado «A un licenciado que deseaba escribir comedias», ofrece una serie de consejos para escribir buenas comedias. Su autor es Carlos Boyl, poeta valenciano, de quien conservamos una sola comedia (El marido asegurado) publicada en el mismo volumen (Norte de la poesía española, 1616) que el romance preliminar que editamos. También se conocen numerosas piezas suyas, escritas en el marco de la valenciana Academia de los Adorantes, de la cual fue miembro fundador, y reunidas en la Segunda parte de la Silva de los versos y loas de Lisandro (Valencia, Miguel Prats, 1600). Se trata pues de una figura secundaria de la literatura áurea, pero bastante activa en la vida literaria de la Valencia de finales del siglo XVI y principios del XVII. La lista de poetas cómicos valencianos a los que cita al final del romance (Gaspar Mercader, Luis Ferrer, Ricardo de Turia) demuestra que estaba perfectamente integrado en las redes de la creación dramatúrgica valenciana de la época. ; El dedicatario del romance, un anónimo licenciado, es seguramente ficticio. En efecto esta figura ya aparecía en otro romance del mismo C. Boyl titulado « A un licenciado que tenía deseo de ser poeta », publicado en 160011. El aspecto repetitivo del procedimiento hace pensar en un ejercicio de estilo que ofrecía un formato cómodo para expresar ideas teóricas sobre la creación literaria12. ; El hecho de que nuestro romance sobre el arte de hacer comedias esté publicado en los preliminares de un volumen que incluye una comedia del mismo Carlos Boyl nos obliga a poner los dos textos en relación. Resulta que la comedia de Boyl es anterior a 1604, quizás incluso a 1600. En efecto, el romance « A un licenciado que tenía deseo de ser poeta » la cita y podemos conocer la fecha de escritura de éste a partir de dos indicios contradictorios: los últimos versos del romance indican que fue escrito el 10 de marzo de 1604, pero fue publicado en una colección de poemas que lleva la fecha de 1600 en la portada (evidentemente una de las dos fechas tiene que ser falsa). En cuanto al romance «A un licenciado que tenía deseo de escribir comedias », otro detalle permite situar su fecha de composición alrededor de 1600 : en él se alude a Luis Ferrer de Cardona como a un personaje llamado a ejercer las más altas responsabilidades en Valencia (« el gran Ferrer / que ha de gobernar Valencia »), pero que aún no ejerce el poder. Resulta que Luis Ferrer de Cardona heredó el cargo de Portantveces de General Gobernador de la ciudad y reino de Valencia, a la muerte de su padre, el 6 de febrero de 160113. Es probable pues que todas las producciones de Boyl que conocemos sean anteriores a 1600 : la comedia, los dos romances y el resto de sus poemas impresos. Esto explicaría el parentesco formal y temático entre los dos romances, probablemente escritos a algunos meses de distancia y el carácter anticuado de los preceptos relativos a la escritura de comedias. ; La publicación del romance « A un licenciado que tenía deseo de escribir comedias » en el Norte de la poesía española no deja de extrañar. ¿Cómo un libro que tiene la ambición de marcar la nueva dirección que seguir en la creación dramatúrgica puede incluir en él un texto preceptivo que ignora muchas innovaciones del Arte nuevo de hacer comedias de 1609, lo contradice incluso en algunos puntos y ofrece un estado de la comedia que parece anterior a la teorización de Lope? Tanto más cuanto que el romance de Boyl va precedido, en el Norte de la poesía española, por otro texto teórico capital para la defensa de la Comedia Nueva y de Lope de y de Lope de Vega en particular : el Apologético de las comedias españolas, atribuido a Ricardo de Turia14. ; A esta pregunta las investigaciones de H. Mérimée permiten aportar elementos de respuesta. Según él, la publicación del Norte de la poesía española obedeció a una lógica comercial. Los editores esperaron granjear el mismo éxito que conoció una primera colección de comedias, titulada Doce comedias, que contó con tres ediciones en 1608, 1609 y 161415. Con el Norte se trataba de sacar del olvido la mayor cantidad posible de textos de la producción valenciana local, tanto comedias como textos teóricos de la categoría de nuestro romance, para satisfacer la demanda del público16. Esta voluntad de rescatar antiguos textos entraba en conflicto con el segundo objetivo de la publicación : la defensa de Lope de Vega y la reivindicación de una nueva manera de escribir comedias. Al fin y al cabo, quizás fuera también una especie de homenaje pro domo de los defensores valencianos de Lope hacia uno de los precursores de la renovación de la comedia. ; Las ideas contenidas en este romance confirman que haya podido ser percibido como un precursor incompleto o inacabado del renuevo de la Comedia. Las definiciones que da Carlos Boyl de los tres géneros tradicionales del teatro (la tragedia, la comedia y la tragicomedia), inspiradas de Donato, delatan la concepción todavía arcaica que tiene Boyl de la comedia. Al distinguir los tres géneros en función de su final feliz o infeliz, Boyl parece ignorar por completo el redescubrimiento de la Poética de Aristóteles que en la misma fecha llevó a replantear en otros países estas definiciones, en función de la naturaleza de la fábula17 - de hecho, poco le interesa hacer alarde de un conocimiento mínimo del aristotelismo, al contrario de lo que hará Lope de Vega algunos años más tarde18. También desconoce (por ser anterior a ella) la reivindicación lopesca de que la comedia sea un mixto entre la comedia y la tragedia19, afirmación reiterada en el Apologético de Ricardo de Turia ; y todavía defiende la necesidad de respetar la unidad de lugar. De forma coherente con esto, considera que los personajes principales tienen que ser de bajo nivel social y que deben hablar con un lenguaje acorde a su rango : « El lacayo y la fregona / el escudero y la dueña / es lo que más en efeto / a la voz común se apega ». Esto choca con la innovación posterior, que será legitimada por el Arte nuevo y el Apologético, de hacer hablar en la Comedia Nueva a personajes de la nobleza, y hasta a reyes. Sin embargo basta con leer la comedia que conocemos de Carlos Boyl para comprobar que él mismo no siguió su recomendación, puesto que los personajes principales de su comedia son un rey y un conde. Por lo tanto, existe un desfase entre la teorización de Boyl, que permanece fiel a las categorías medievales, y su práctica teatral que ya se ha emancipado de dichas categorías. Será Lope quien tendrá la autoridad y la independencia necesarias para armonizar la una con la otra y « ence[rrar] los preceptos con seis llaves20». De igual modo se puede comentar la contradicción que existe entre la supuesta finalidad única de la comedia (la comicidad, aludida bajo la expresión de « cómicas reglas », que supuestamente imperan en una comedia) y la mención de escenas patéticas que en la pura definición medieval no deberían tener cabida. ; Los consejos que da Boyl en materia de métrica son muy fieles a su práctica de poeta cómico y, digámoslo, bastante austeros. Recomienda el uso casi exclusivo de estrofas de diez versos, llamadas « redondillas [...] de a diez » que, según se comprueba en su comedia, siguen el siguiente esquema : ABABA CDCDC. Sólo se acepta un romance y un soneto en cada comedia. Estamos lejos de la brillante polimetría que recomendará Lope de Vega. ; Donde sí parece anunciar el Arte nuevo este romance es cuando Boyl esboza una historia rápida de la evolución de la comedia : opone las comedias modernas a aquellas otras, anteriores a la década de 1580, que todavía contenían un coro y escenas, conforme al modelo de las comedias de la Antigüedad. Sugiere además que las antiguas comedias todavía estaban conectadas con el teatro religioso, ya que contenían paso y autos – cuesta entender si alude a la representación, entre cada acto, de piezas cortas de carácter religioso o si quiere decir que la traza de las antiguas comedias todavía estaba mal diferenciada de estas obras de tema religioso. « Pero agora / en tres jornadas se encierra » la comedia, escribe Boyl. Es un primer eslabón en la reivindicación de un género nuevo. Pero la teorización de la Comedia Nueva se detiene aquí, como hemos visto. ; Otro punto común con el Arte nuevo es la supeditación del arte de escribir comedias a una finalidad muy clara : captar el interés del público y procurar darle placer La clave de la eficacia dramática está en la « suspensión », es decir captar el interés del público hasta el último momento, retrasando el momento del desenlace hasta los últimos versos. Pero, dice Boyl, la suspensión es extremadamente frágil (« cuelga de un cabello »), por lo que merece toda la atención del buen poeta cómico. De ahí se deriva la necesidad de no alargar demasiado la obra, ni introducir demasiadas sentencias que podrían desviar la atención del público de las escenas de mayor dramatismo o la de limitar los monólogos a unos escasos versos para no aburrir. También la elección del tema de la comedia está relacionada con la búsqueda de la « suspensión » y así Boyl enumera los que mayor aplauso tienen entre el público : situaciones de fuerte dramatismo, personajes de carácteres muy marcados e intensos, para que puedan dar lugar a escenas espectaculares. ; Para terminar, señalemos que existe otro parecido con el Arte nuevo de Lope: la preocupación por el éxito de la obra lleva a ambos dramaturgos a entrar en consideraciones muy pragmáticas y convergentes entre sí, sobre la escritura de las obras dramáticas : por dónde empezar la redacción, cómo proseguirla, dónde y cuándo introducir los elementos aclaratorios de la intriga, etc. Estamos en el taller del dramaturgo, más preocupado por la eficacia de los « trucos » comprobados que nos enseña, que por cualquier debate de corte teórico (al contrario de lo que hará Lope esta vez), seguramente porque en la fecha de composición del romance los debates teóricos sobre la comedia aún no habían cuajado en España.

Texte

A un licenciado que deseaba hacer comedias

Señor licenciado, cure
las cataratas, que ciegan
los ojos que en la memoria
dan luz viva a la inteligencia,
5    porque, curadas, avive
su vigilante Minerva,
si es que desea saber
el arte de hacer comedias.
La comedia es una traza21
10    que, desde que se comienza
hasta el fin, todo es amores,
todo gusto, todo fiestas.
La tragicomedia es
un principio cuya tela22
15    (aunque para en alegrías)
en mortal desdicha empieza.
La tragedia es todo Marte,
todo muertes, todo guerras,
que por eso a las desgracias
20    las suelen llamar tragedias.
La comedia antiguamente
tenía coros y escenas,
pasos y autos23, pero agora
en tres jornadas se encierra24,
25    y cada jornada tiene
cien redondillas, aunque éstas
son de a diez25, porque con esto
ni corta, ni larga sea.
De tercetos y de estanzas
30    ha de huir el buen poeta;
porque redondillas sólo
admiten hoy las comedias.
Partir una redondilla
con preguntas y respuestas,
35    a cualquier pregunta da
muchos grados de excelencia,
puesto que hay poetas hoy,
avaros con tantas veras,
que hacen (por no las partir)
40toda una copla mal hecha.
No le ha de doler borrar
una y otra escrita escena;
que quien algunas no borra
lejos está de la enmienda.
45    Cuatro figuras en peso26
han de llevar su quimera,
porque es de más artificio
con esto el enredo della.
Hacer la postrer jornada
50    sin acabar la primera,
es señal de que la traza
tiene mucho de perfeta27.
Un romance y un soneto
pide solo la que es buena,
55    lo demás es meter borra
para hinchir28 vacíos della.
La propiedad de su enredo,
según las cómicas reglas,
negocio ha de ser que acaso
60    dentro una casa acontezca.
Segunda ni media29 vez
relatar acaso en ella
lo que se ha dicho al principio,
maraña es de ingenio ajena.
65    El lenguaje, el más castizo,
y un pensamiento o sentencia
entre cuatro redondillas,
bien se escucha y mejor suena,
porque decir de ordinario,
70    tras una y otra quimera,
uno y otro pensamiento
cansa al gusto y no se lleva30.
Y en ocasión de apretar
un paso31 de más alteza,
75    no le logra la costumbre
cansada de oír sentencias.
El lacayo y la fregona,
el escudero y la dueña
es lo que más en efeto
80    a la voz común se apega.
Una letra en ocasión
de un paso de gran tristeza,
al vulgo mientras se canta
envuelto en silencio eleva.
85    Salir un cómico solo
contando una larga arenga,
es ocasión para que
con silbos dentro se vuelva.
Que solo quien solo sale,
90    por no cansar, en tres letras
su razón ha de decir,
y sin en menos no, lo yerra.
La suspensión hasta el fin,
el autor de Cariclea
95y Teágenes32 confirma
lo que en esto el gusto alienta33.
Que conocer al principio
los sucesos del fin della,
ni es de mano artificiosa,
100    ni es obra de ingenio llena.
Algunos por varios modos
amor sin guerras condenan,
y otros guerras sin amor,
¡ay de quien tal gusto templa!
105    Ellas, pues, habrán de ser
ni tan bravas ni tan tiernas
que den por uno en lloronas
y den por otro en sangrientas.
Después, licenciado mío,
110    que estas reglas y artes sepa,
un sujeto escogerá
que dé nombre a su comedia.
Supuesto al fin que el mayor
de los que el aplauso aprueba
115    es ver fingir un traidor
un leal (aunque le ofendan)34,
un perseguido de quien
la persecución desdeña35,
un hombre a quien la fortuna
120    o le sube o le atropella,
un dadivoso Alejandro,
una Erífile avarienta36,
un cruelísimo Nerón,
una piadosa Fedra,
125    porque destas circunstancias
el énfasis37 que se muestra
suspende, y la suspensión
de un cabello al vulgo cuelga38.
Luego de otros atributos
130    al panal de sus colmenas
el abeja de su ingenio
pondrá en la más alta esfera.
Letras, loas y entremeses
buscará de mano ajena,
135    porque la propia de todos
como propia se condena.
De don Gaspar Mercarder,
conde de Buñol39, las letras
serán, porque siendo suyas
140    tendrán gracia y serán buenas.
Las loas del gran Ferrer
que ha de gobernar Valencia,
el divino don Lüis40,
doctísimo en todas ciencias.
145    El verso conceptuoso,
y las quintillas perfectas
del culto Ricardo41 busque,
pero no afecte su estrella.
Y al fin, fin, de espada y capa
150    dará a las salas comedias,
y al teatro para el vulgo
de divinas apariencias42.
Éstos los compendios son
de las artes de mi escuela,
155    apréndalos y saldrá
fino cómico, cometa43.
Se esto verdad le juro
por las más que humanas letras
del Arte amandi de Ovidio
160    que así juran los poetas.