IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Les Amours de Merlin

Rosidor (Claude-Ferdinand Guillemay du Chesnay, dit)

Éditeur scientifique : Souchier, Marine

Description

Auteur du paratexteRosidor (Claude-Ferdinand Guillemay du Chesnay, dit)

Auteur de la pièceRosidor (Claude-Ferdinand Guillemay du Chesnay, dit)

Titre de la pièceLes Amours de Merlin

Titre du paratexteAu lecteur

Genre du textePréface

Genre de la pièceComédie

Date1691

LangueFrançais

ÉditionRouen : Jean-Baptiste Besongne, 1691, in-12°. (Numérisation en cours)

Éditeur scientifiqueSouchier, Marine

Nombre de pages2

Adresse source

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Rosidor-AmoursMerlin-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Rosidor-AmoursMerlin-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Rosidor-AmoursMerlin-Preface.odt

Mise à jour2013-02-16

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComédie ; impromptu

ReprésentationReprésentation / lecture

RéceptionSuccès ; critiques

FinalitéPlaisir ; divertissement

Relations professionnellesRefus du statut d’auteur ; posture mondaine

Mots-clés italiens

GenereCommedia ; commedia all’improvviso

RappresentazioneRappresentazione / letture

RicezioneSuccesso ; critiche

FinalitàDiletto ; divertimento

Rapporti professionaliRifiuto dello statuto d’autore ; postura mondana

Mots-clés espagnols

GéneroComedia ; impromptu (composición de repente)

RepresentaciónRepresentación / lectura

RecepciónÉxito ; críticas

FinalidadPlacer ; entretenimiento

Relaciones profesionalesRechazo del estatuto de autor ; postura mundana

Présentation

Présentation en français

Rosidor1, de son vrai nom Claude-Ferdinand Guillemay du Chesnay, comédien de campagne et auteur, donne en 1691 sa première pièce, et la seule qu’il publiera2. Elle est créée à Rouen par la troupe du Dauphin, où l’acteur joue depuis 1690.

Dans son très bref avis « Au lecteur », il adopte face à l’écriture et la publication une posture mondaine. En cette fin de XVIIe siècle, revendiquer un statut d’auteur est mal perçu : mieux vaut se comporter en homme du monde écrivant par loisir. L’idéal du galant homme, diffusé en France à partir des années 1640, rejette toute attitude jugée pédante. Or écrire en prenant cette activité au sérieux, c’est risquer l’accusation de pédanterie. Le désir d’être publié et d’avoir du succès est également perçu comme une marque de vanité, défaut fréquemment attribué aux auteurs professionnels. La galanterie s’adresse d’abord à la Cour. Il s’agit donc d’un modèle nobiliaire, destiné à une population oisive, pour qui travailler, c’est déroger. En se diffusant dans la bourgeoisie, le modèle du galant homme conserve ce dédain pour toute activité rémunérée. Afin d’éviter la double accusation de pédanterie et de vénalité, même les professionnels de la plume affichent une posture d’auteurs amateurs, comme le fait la grande noblesse3. Rosidor présente donc sa pièce avec nonchalance. Il insiste d’abord sur la rapidité avec laquelle il l’a composée. Puis il prétend se moquer des critiques et se contenter d’un succès modeste, auprès d’une élite restreinte. Enfin, après avoir admis que la publication ôte à son texte les beautés dont la représentation l’avait paré, il promet d’en compenser les défauts en offrant au public une autre pièce.

Texte

Au lecteur

{NP1} J’ai fait par une espèce de galanterie4 cette petite comédie, et qui pourrait même passer pour un impromptu, attendu qu’elle a été faite et jouée en moins d’un mois ; je trouve que c’est beaucoup pour un coup d’essai5. L’on pourrait me répondre juste et me dire que je pouvais demeurer plus longtemps et la faire meilleure ; j’en conviens, mais je me suis contenté du succès qu’elle a eu, malgré le génie de quelques critiques qui sourdement ont voulu la détruire6. Il est permis à un chacun de dire son sentiment, je ne prétends point les contraindre, et je ne me crois point assez habile pour être à l’abri de la censure ; il suffit qu’elle a su plaire à des personnes de la première qualité qui l’ont trouvée fort divertissante7. Il n’est pas nécessaire de dire que la plupart des comédies font plus de plaisir {NP2} à les voir représenter qu’à les lire, je crois que celle-ci est du nombre, et qu’il y a bien des choses qui dépendent de l’action8. Enfin l’on aura la bonté de me pardonner les fautes qui s’y pourront rencontrer, c’est la grâce que je demande9 ; et ferai mes efforts pour les réparer par celle10 que j’aurai l’honneur de vous exposer au premier jour11, à la sollicitation de plusieurs de mes amis12.