IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Le Pyrame du sieur de La Serre, Tragédie en Prose

Puget de La Serre, Jean

Éditeur scientifique : Blondet, Sandrine

Description

Auteur du paratextePuget de La Serre, Jean

Auteur de la piècePuget de La Serre, Jean

Titre de la pièceLe Pyrame du sieur de La Serre, Tragédie en Prose

Titre du paratexteAvis au Lecteur

Genre du textePréface

Genre de la pièceTragédie en prose

Date1633

LangueFrançais

ÉditionLyon, Jean Aimé Candy, 1633, in-8°. (Numérisation en cours)

Éditeur scientifiqueBlondet, Sandrine

Nombre de pages2

Adresse source

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Puget-Pyrame-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Puget-Pyrame-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Puget-Pyrame-Preface.odt

Mise à jour2015-02-25

Mots-clés

Mots-clés français

SujetAmoureux / œuvre profane

ExpressionBienséance du propos

Relations professionnellesAllusion implicite à Théophile de Viau

Mots-clés italiens

ArgomentoAmoroso / opera profana

EspressioneDecoro

Rapporti professionaliAllusione implicita a Théophile de Viau

Mots-clés espagnols

TemaAmoroso / obra profana

ExpresiónDecoro

Relaciones profesionalesAlusión implícita a Théophile de Viau

Présentation

Présentation en français

À l’évidence, Puget de La Serre confie à l’Avis au Lecteur de son Pyrame le soin de lui gagner l’estime morale du public. Ainsi, il rend hommage à son devancier, Théophile de Viau, dont l’unique pièce, Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé, probablement créée en 1621, avait connu un immense retentissement, proteste humblement de la modestie de ses prétentions et ne reconnaît que du bout de la plume la paternité de sa pièce, qu’il range parmi les péchés d’une jeunesse désormais oubliée au profit d’une intense dévotion.

Pour autant, la proclamation finale jette rétrospectivement le doute sur cet ensemble. Car loin de n’avoir « rien emprunté d’autrui, que les noms, pour la commodité des Acteurs », Puget a bel et bien, au contraire, tout repris de la pièce de Viau, dont son propre Pyrame propose un décalque rigoureux1. Mieux encore, l’un des rares éléments à porter à son crédit tient précisément à un nom, celui de la mère de Thisbé, que Puget baptise Oronte2. Enfin, il ne cite jamais nommément Théophile : si la postérité de la tragédie de Viau suffit certes à expliquer ce silence, si de même rien ne permet, plus radicalement, de douter de la sincérité de l’éloge, ce faisceau d’éléments montre que Puget, pour son coup d’essai3, s’attache avant tout à déjouer à l’avance toute accusation de plagiat.

Texte

Avis au Lecteur

{NP1} Je ne veux point dérober l’honneur à celui qui m’a devancé en l’invention de cet ouvrage4. J’en laisse à sa mémoire toutes les couronnes, et ne prétends point d’autre avantage que de m’être acquitté d’une partie de ce que je dois à une personne dont le mérite m’est en très forte considération5. Si ces fruits pourtant de mon loisir, qui se sont un peu mûris dans la poussière de mon cabinet, étaient encore à {NP2} produire, mon esprit n’en serait jamais l’arbre, n’étant plus d’humeur ni de condition à mettre en lumière des œuvres profanes6. Celui-ci, avec un autre tout semblable7, m’échappent encore comme un reste de tout ce que je veux débiter dans le monde sur ce sujet, sans m’être relâché toutefois d’un seul terme qui puisse choquer les plus chastes oreilles. Je n’ai rien emprunté d’autrui, que les noms, pour la commodité des acteurs. Je t’en laisse le jugement, et m’en réserve l’espérance de sa faveur.