IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Philine ou l’Amour contraire

Le Libraire

Éditeur scientifique : Douguet, Marc

Description

Auteur du paratexteLe Libraire

Auteur de la pièceLa Morelle

Titre de la piècePhiline ou l’Amour contraire

Titre du paratexteLe Libraire au lecteur

Genre du textePréface

Genre de la piècePastorale

Date1630

LangueFrançais

ÉditionParis : Martin Collet, 1630, in-8°. (Numérisation en cours)

Éditeur scientifiqueDouguet, Marc

Nombre de pages1

Adresse source

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/La-Morelle-Philine-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/La-Morelle-Philine-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/La-Morelle-Philine-Preface.odt

Mise à jour2015-05-13

Mots-clés

Mots-clés français

ReprésentationLecture / représentation

RéceptionAcheter / lire gratuitement

Relations professionnellesLibraire et lecteur de théâtre

AutreAbsence d’argument

Mots-clés italiens

RappresentazioneLettura / rappresentazione

RicezioneComprare il libro / leggere gratuitamente

Rapporti professionaliLibraio e lettore di teatro

AltriAssenza d’argomento

Mots-clés espagnols

RepresentaciónLectura / representación

RecepciónComprar / leer gratuitamente

Relaciones profesionalesLibrero y lector de teatro

OtrasAusencia de argumento

Présentation

Présentation en français

Fait relativement rare dans l’histoire de l’imprimé théâtral, le paratexte de Philine ou l’Amour contraire de La Morelle n’a pas pour auteur l’écrivain dramatique mais son libraire. Celui-ci justifie dans ce texte l’édition de cette pastorale par le succès qu’elle aurait rencontré, à la fois auprès des quelques personnes qui en ont lu le manuscrit et auprès du public de l’Hôtel de Bourgogne : cette rapide histoire du texte montre ainsi que la pièce mérite autant d’être lue que vue. Par ailleurs, le libraire explique l’absence d’argument dans l’édition par une raison commerciale intéressante, qui nous renseigne sur les enjeux de ce type particulier de paratexte : il s’agit en effet de susciter la curiosité du lecteur en évitant qu’il se contente de lire gratuitement le résumé de la pièce à l’étal d’un libraire sans acheter le livre. Dans la préface de la Clorise (Paris, A. de Sommaville, 1634, n. p. ; voir la notice IDT), Baro condamnera encore plus fermement l’usage des arguments, non pour des raisons économiques mais parce qu’ « on ne doit pas traiter autrement celui qui lit, que celui qui écoute ».

Texte

Le Libraire au lecteur

{NP1} Ami lecteur, voici cette pastorale de L’Amour contraire, qui a tant de fois paru sur le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne1, dont la gentillesse, la mignardise2 des vers et les rares3 inventions de l’auteur ont contenté l’esprit des plus judicieux censeurs du monde ; je crois que tu ne recevras pas moins de contentement à la lecture qu’à la représentation4 ; c’est un sujet facile à représenter, et qu’il n’y a personne qui ne sache5, pour avoir été jouée6 dans les meilleures maisons de la France ; tous ceux qui l’ont vue avant que de sortir7 de mes mains ont pris un singulier contentement à la lire, aussi crois-je que tu y prendras un extrême plaisir ; c’est ce qui, en partie, a forcé l’auteur de la mettre au jour8 après l’assurance que lui ont donnée beaucoup de ses amis (et notamment Monsieur de Malherbe9) qu’elle serait bien reçue, et si par hasard tu n’en sais le sujet qui est un des plus beaux qui aient jamais été mis en lumière, tu l’apprendras par la lecture, car s’il y fallait faire un argument il faudrait une main10 de papier entière, joint que la principale raison pourquoi11 on [n’]en fait point, c’est le peu de curiosité que beaucoup de personnes ont d’en acheter12 après que tout un matin ou une après-dînée13 ils en ont lu l’argument sur la boutique d’un libraire qui leur apprend pour rien ce qu’ils ne sauraient que pour de l’argent ; chacun aime son profit, ne t’en étonne pas14. Adieu.