IdT – Les idées du théâtre


 

Dédicace

Les Travaux d’Ulysse, tragi-comédie tirée d’Homère

Durval, Jean-Gilbert

Éditeur scientifique : Déléris, Alban

Description

Auteur du paratexteDurval, Jean-Gilbert

Auteur de la pièceDurval, Jean-Gilbert

Titre de la pièceLes Travaux d’Ulysse, tragi-comédie tirée d’Homère

Titre du paratexteÀ très haut et puissant Prince, Henri de Savoie, Duc de Genevois, de Nemours et d’Aumale, Comte de Genève, et de Gisors, Marquis de Saint-Sorlin, etc.

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceTragi-comédie

Date1631

LangueFrançais

ÉditionParis, Pierre Ménard, in 8°

Éditeur scientifiqueDéléris, Alban

Nombre de pages6

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k723550.r=durval+les+travaux+d%27ulysse.langFR

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Durval-Les-Travaux-dUlysse-dedicace.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Durval-Les-Travaux-dUlysse-dedicace.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Durval-Les-Travaux-dUlysse-dedicace.odt

Mise à jour2015-06-05

Mots-clés

Mots-clés français

SourcesOdyssée

SujetÉpopée / poésie dramatique ; sujet reçu / imagination

DramaturgieDivision en journées

Personnage(s)Ulysse

ReprésentationFontainebleau ; Louis XIII ; Duc de Nemours

Mots-clés italiens

FontiOdissea

ArgomentoEpopea / poesia drammatica ; soggetto ricevuto / fantasia

DrammaturgiaDivisione in giornate

Personaggio(i)Ulisse

RappresentazioneFontainebleau ; Luigi XIII ; Duca di Nemours

Mots-clés espagnols

FuentesOdisea

TemaEpopeya / poesía dramática ; tema conocido / imaginación

DramaturgiaDivisión en jornadas

Personaje(s)Ulises

RepresentaciónFontainebleau ; Luis XIII ; Duque de Nemours

Présentation

Présentation en français

Dans cette épître au duc de Nemours, au service duquel il se trouve depuis 1630, Durval entend marquer son entrée dans la carrière dramatique, puisque la tragi-comédie à machines Les Travaux d’Ulysse constitue sa première pièce. Il aborde ainsi la question de l’adaptation des Anciens, ici celle de l’Odyssée d’Homère : il y esquisse sa propre conception de l’imitation, au sens d’une traduction libre, et d’un choix raisonné dans la matière à imiter et adapter. Ce premier texte réflexif de Durval ne renvoie qu’indirectement à ce qui fera la force théorique du Discours à Cliton, contrairement aux textes liminaires d’Agarite par exemple qu’il semble même parfois contredire, notamment en ce qui concerne la nécessité de disposer une pièce en plusieurs journées ou la question de la nouveauté par rapport aux Anciens.

Texte

Monseigneur1,    

[NP1] Il vous semblera peut-être que je fais une faute de me donner [NP2]au public2 en un temps où j’ai été fait entièrement vôtre. Mais quand ce livre, que je dédie à votre Grandeur, n’aurait pas été sous la presse lorsque j’eus l’honneur de vous offrir mon très humble service, il me serait impossible de vous celer que je l’eusse fait, et j’aurais mauvaise grâce de le désavouer. Ce n’est pas de la fausse monnaie que de la poésie. Je ne craindrais jamais que l’on me trouve saisi de quelques pièces de pareille étoffe, principalement si elles sont bonnes, et si vous permettez qu’elles soient marquées au coin de vos armes, et de votre nom. Celle-ci, Monseigneur, est la première que j’ai faite, et par conséquent elle ne peut pas être la [NP3] meilleure. Pourtant elle a été assez bien reçue, et il me souvient qu’à Fontainebleau lorsqu’elle fut représentée devant le Roi3, vous daignâtes l’approuver. Sa Majesté fut si contente de vous ouïr que ce héros qui vous servit d’entretien n’a jamais reçu tant de gloire des acclamations publiques de toute la Grèce, ni de la plume des bons Auteurs, qu’il en reçut, en présence d’un si grand roi, de la bouche d’un si grand prince. Dès lors je me sentis obligé de vous dédier ce poème (outre l’inclination que j’y avais, pour l’estime que vous faites des belles sciences) et vraiment rien ne m’en a empêché jusqu’à présent qu’une occasion d’être connu de vous, que j’ai toujours at[NP4]tendue, et qui enfin m’est arrivée fort à propos. Vous savez trop, Monseigneur, le sujet de cette œuvre, il me suffit de vous dire que je n’ai point pris à tâche toute l’histoire d’Ulysse, et que j’ai seulement recueilli ses plus belles aventures, pour les accommoder à la scène française. Mon dessein n’a pas été d’embarrasser le théâtre de la continuation4 de ses longs voyages par terre et par mer. Un si ample argument5 excède les règles de la dramatique6, et quand j’aurais disposé toute l’Odyssée d’Homère en autant de journées qu’il y a de livres, à peine aurais-je eu le contentement d’y rien ajouter du mien ; et ayant bâti sur le fonds d’autrui, je ne pourrai qu’à faux titre7 y pré[NP5]tendre quelque droit. J’ai donc mieux aimé choisir ce que j’ai pensé être de plus beau et de plus utile en cette fable, et sur les plus hautes entreprises que ce sage guerrier a exécutées, je n’ai fait bonnement que traduire les plus ingénieuses fictions des païens. Je réserve mes propres imaginations8 pour vous, Monseigneur, et pour les princes de votre sang. C’est la plus glorieuse occupation que je pourrai désirer, je borne là toute mon ambition, et pour témoignage de l’obéissance actuelle que je vous ai vouée, j’ose vous présenter ce petit ouvrage. Si vous lui donnez place en votre cabinet9, vous le mettrez à couvert de l’envie et des médisants, et sous votre per[NP6]mission je me dirai toute ma vie,

Monseigneur,

De votre Grandeur,

Le très humble, très obéissant

et très obligé serviteur,

I. G. Durval.