IdT – Les idées du théâtre


 

Dédicace

Saül

Du Ryer, Pierre

Éditeur scientifique : Fenin, Coralie

Description

Auteur du paratexteDu Ryer, Pierre

Auteur de la pièceDu Ryer, Pierre

Titre de la pièceSaül

Titre du paratexteDédicace

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceTragédie

Date1642

LangueFrançais

ÉditionParis, Antoine de Sommaville, 1642, in-4°

Éditeur scientifiqueFenin, Coralie

Nombre de pages3

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71195f.r

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/DuRyer-Saul-Dedicace.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/DuRyer-Saul-Dedicace.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/DuRyer-Saul-Dedicace.odt

Mise à jour2015-09-01

Mots-clés

Mots-clés français

SourcesAncien Testament

SujetBiblique

DédicataireDemande de protection de Saül

FinalitéPlaire et instruire

MetadiscoursDédicace universelle / dédicace aux grands

Mots-clés italiens

FontiNuovo Testamento

ArgomentoBibbia

Dedicatario e PersonaggioDomanda di protezione di Saul

FinalitàPiacere e istruire

MetadiscorsoDedica universale / dedica ai grande

Mots-clés espagnols

FuentesNuevo Testamento

TemaBiblia

Dedicatario y personajeDemanda de protección de Saúl

FinalidadGustar ed instruir

MetadiscursoDedicatoria universal vs dedica a los grandes

Présentation

Présentation en français

Dans cette dédicace ouverte, Pierre Du Ryer refuse l’adresse convenue et élogieuse à un illustre nom. Désireux d’être jugé par un spectateur véritablement amateur et honnête, il demande qu’on lui accorde le mérite d’avoir dramatisé le premier un sujet biblique. En effet, les dramaturges qui composent des pièces religieuses, tels que Tristan L’Hermite, Corneille ou Rotrou, sollicitent les sources hagiographiques ou morales et non la Bible elle-même. Du Ryer entend revivifier le principe originel du théâtre : plaire et instruire. Reprenant pour la moderniser la pensée horacienne de l’utile dulci, le dramaturge présente le théâtre comme une « école » qui ne saurait souffrir de mauvaise réputation.

Texte

Dédicace

[NP1] Je ne dédie cet ouvrage à personne, parce que je le dédie à tout le monde1. Je le donne aux grands et aux petits, aux profanes et aux religieux2, parce que les uns et les autres peuvent trouver dans son sujet une instruction sans aigreur3 et un divertissement sans scandale4. Si ces illustres personnes à qui nous avons accoutumé de présenter nos ouvrages5, et de qui les noms vénérables sont les premiers charmes, et bien souvent les seules beautés que l’on remarque dans nos livres, sont en quelque façon obligées de nous donner leur protection, quand nous leur faisons des hommages, des productions de notre esprit, il semblera sans doute que je veuille intéresser tout le monde en la défense et en la protection de [NP2] Saül6, puisque chacun peut dire que je lui en fais un présent, et que c’est à lui que je le dédie7. Mais il ne m’importe pas de quelle façon l’on en juge ; on ne saurait trouver étrange, que je cherche des approbateurs de mon travail. Et quelque modestie qu’on affecte, il est bien difficile de persuader qu’on ne cherche pas de la gloire, quand on va se montrer en public, et que l’on entre dans la [c]arrière. Toutefois, comme on s’égare souvent dans le chemin de la gloire, et qu’en pensant y monter on tombe dans le précipice qui n’en est jamais éloigné, je ne demande point qu’on me donne de la réputation pour avoir fait quelques vers qui peut-être ne déplaisent pas; je demande seulement qu’on me sache bon gré d’avoir au moins essayé de faire voir sur notre théâtre la majesté des Histoires saintes8. Comme j’ai cet avantage d’y faire paraître le premier des sujets de cette [NP3] nature avec quelque sorte d’applaudissement9, si j’en ai mérité quelque chose, je souhaite pour ma récompense que je serve en cela d’exemple10, et que mes maîtres, je veux dire ces grands génies qui rendraient l’ancienne Grèce envieuse de la France, deviennent mes imitateurs dans un dessein si glorieux. Ainsi l’on ramènera la poésie à son ancienne institution, on rejoindra l’utilité au plaisir, et l’instruction au divertissement11. Ainsi les ennemis de nos Muses en deviendront les amants, et le théâtre, suspect à ceux qui ne le connaissent pas12, deviendra pour tout le monde la plus agréable école où l’on puisse apprendre la Vertu13.