IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Le Matois Mari, ou La Courtisane attrapée

Anonyme

Éditeur scientifique : Fournial, Céline

Description

Auteur du paratexteAnonyme

Auteur de la pièceAnonyme

Titre de la pièceLe Matois Mari, ou La Courtisane attrapée

Titre du paratexteAvis Aux lecteurs

Genre du textePréface

Genre de la pièceComédie en prose

Date1634

LangueFrançais

ÉditionParis, Pierre Billaine, 1634, in-8°. (Numérisation en cours)

Éditeur scientifiqueFournial, Céline

Nombre de pages2

Adresse source

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Anonyme-Matoismari-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Anonyme-Matoismari-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Anonyme-Matoismari-Preface.odt

Mise à jour2015-05-02

Mots-clés

Mots-clés français

SourcesEl sagaz Estacio, marido examinado de Salas Barbadillo

SujetAdaptation aux mœurs de Paris ; traduction

LieuParis

FinalitéPlaisir

ExpressionStyle moyen

Mots-clés italiens

FontiEl sagaz Estacio, marido examinado di Salas Barbadillo

ArgomentoAdattamento ai costumi parigini ; traduzione

LuogoParigi

FinalitàPiacere

EspressioneStile medio

Mots-clés espagnols

FuentesEl sagaz Estacio, marido examinado de Salas Barbadillo

TemaAdaptación a los usos y costumbres de París

LugarParís

FinalidadPlacer

ExpresiónEstilo mediano

Présentation

Présentation en français

L’avis Aux lecteurs du Matois Mary présente la traduction comme un espace d’émulation tout autant que de liberté, où le bon traducteur doit améliorer le texte original et peut le transposer librement aux mœurs de son pays. Cette conception, courante en un siècle qui voit se multiplier les « belles infidèles », dégage la traduction de toute fidélité scrupuleuse à l’original et brouille ses frontières avec l’adaptation. L’auteur anonyme, qui passe par la fiction d’un ami traducteur, se fait volontiers bonimenteur dans ce texte à visée publicitaire. L’éloge de l’œuvre espagnole originale, El sagaz Estacio, marido examinado de Salas Barbadillo, justifie sa traduction et fait glisser le texte vers une comparaison des deux versions qui tourne à l’avantage de l’auteur français : celui-ci a su enchérir sur les « inventions » de son prédécesseur. En effet, la traduction au XVIIe siècle n’interdit pas une part d’invention ni la transposition du cadre spatial et culturel original, surtout quand il s’agit d’une œuvre étrangère moderne. L’auteur anonyme annonce ainsi que la comédie a été adaptée aux usages de Paris en vue de plaire aux lecteurs, qui s’attendent par conséquent à une comédie de mœurs (type très en vogue depuis 1630 sous l’impulsion des premières comédies de Corneille). Les lecteurs masculins auxquels s’adresse l’avis sont ensuite appelés à goûter ce divertissement en toute bienveillance, sans se laisser aller au blâme. L’auteur achève ce texte en annonçant une prochaine adaptation et en invitant les lecteurs, non sans une pointe d’ironie provocatrice, à comparer le mérite des deux personnages principaux de la pièce élevés au rang de modèles de charité ; il annonce ainsi la veine burlesque de la comédie qui suit.

Texte

Aux lecteurs.

Messieurs,

{NP1} L’estime que j’ai ouï faire à plusieurs esprits qui ont le goût assez délicat1, du livre espagnol intitulé El sagaz Stacio marido examinado2 m’a donné occasion d’obliger3 par mes prières un de mes amis à le traduire4, en quoi il a fort heureusement5 réussi et de beaucoup envié6 par-dessus les inventions du sieur de Salas7 son auteur. Il a approprié8 cette comédie aux prati{NP2}ques et façons de faire de Paris pour vous paraître plus agréable. Je souhaite que vous y preniez le divertissement que vous y pouvez trouver, pourvu que vous ne vous amusiez pas à la censure9, car il n’y a rien de si poli10 que la médisance n’y trouve prise. Et en attendant que je vous fasse voir celle11 de La Célestine ressuscitée12, exercez ici votre jugement pour discerner13 laquelle des deux principales personnes14 de cette comédie a fait la plus signalée15 action de charité : ou une femme pour avoir retiré un homme de l’hôpital16 ou un homme pour avoir retiré une femme du bordel17.