IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Boniface et le Pédant

Anonyme

Éditeur scientifique : Fournial, Céline

Description

Auteur du paratexteAnonyme

Auteur de la pièceAnonyme

Titre de la pièceBoniface et le Pédant

Titre du paratexteAu lecteur

Genre du textePréface

Genre de la pièceComédie

Date1633

LangueFrançais

ÉditionParis, Pierre Ménard, 1633, in-8°. (Numérisation en cours)

Éditeur scientifiqueFournial, Céline

Nombre de pages2

Adresse source

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Anonyme-BonifaceetlePedant-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Anonyme-BonifaceetlePedant-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Anonyme-BonifaceetlePedant-Preface.odt

Mise à jour2013-01-20

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComédie

SourcesCandelaio de Giordano Bruno

SujetAdaptation vs traduction, modifications, suppressions

RéceptionConnaissance vs ignorance de l’original

FinalitéPlaisir ; diffusion de la libre-pensée

ExpressionBons mots ; style moyen

Mots-clés italiens

GenereCommedia

FontiIl Candelaio di Giordano Bruno

ArgomentoAdattamento / traduzione ; modifiche ; soppressioni

RicezioneConoscenza / ignoranza dell’originale

FinalitàPiacere ; diffusione del libero pensiero

EspressioneFrizzi ; stile medio

Mots-clés espagnols

GéneroComedia

FuentesCandelaio de Giordano Bruno

TemaAdaptación vs traducción, modificaciones, supresiones

RecepciónConocimiento vs ignorancia del texto original

FinalidadPlacer, difusión del librepensamiento

ExpresiónAgudezas, estilo mediano

Présentation

Présentation en français

L’auteur anonyme de Boniface et le Pédant, deuxième version française du Candelaio de Giordano Bruno (après un manuscrit anonyme du début du XVIIe siècle), expose dans l’avis Au lecteur son travail d’imitation et de transposition. Recourant à la traditionnelle captatio benevolentiae, l’auteur refuse les longs discours, présente sa pièce comme un simple divertissement et prétend ne connaître guère Bruno – il serait en effet peu prudent de rappeler que celui-ci est mort sur le bûcher pour hérésie et que ses œuvres ont été mises à l’index en 1603. L’auteur anonyme énonce ensuite une caractéristique de l’écriture comique (le dramaturge s’applique plus qu’ailleurs à représenter la langue et les mœurs de son pays) qui justifie les changements opérés sur l’original. Défendant une adaptation libre mais respectueuse, il se place dans une tradition critique envers la traduction servile. Or s’il a dû « retrancher » et « changer » maints passages, ce n’est pas seulement pour rendre la pièce conforme aux exigences du théâtre des années 1630 et la transposer dans un cadre français. Ce texte appelle en effet une double lecture : les lecteurs avertis (« ceux qui l’auront lue en son original ») comprennent qu’en ces temps hostiles au courant libertin (comme en témoignent l’exécution de Vanini, l’arrestation de Théophile de Viau ainsi que l’acharnement du Père Garasse), l’auteur français a dû supprimer les contenus trop licencieux du Candelaio pour échapper à la censure. Il a fait le choix de l’anonymat et prend soin de ne jamais se désigner comme « l’auteur » de la comédie. Ce nom est réservé à Bruno car ce sont bien ses idées que la pièce française véhicule et l’auteur anonyme se dégage de toute autorité sur elles. Il signale cependant à demi-mot qu’il a cherché, malgré les particularités de chaque langue, à rendre ces idées accessibles au lecteur français des années 1630. Ainsi, le choix d’une adaptation libre face au « ridicule » d’une traduction trop proche de la lettre du texte source permet en réalité à l’auteur de certifier sa fidélité à l’esprit de l’original italien.

Texte

AU LECTEUR

{NP1} Je n’ai pas dessein de t’ennuyer d’un long discours, moi qui te donne ceci pour te désennuyer, ni de te dire beaucoup de choses de l’auteur de cette comédie1, puisque de plus curieux et de plus habiles que moi t’en peuvent mieux entretenir. Tout ce que j’en2 sais, c’est qu’il était un des plus grands mathématiciens de son temps, comme ses livres de mathématique3 en font foi, et (ce qui vient plus à notre propos) qu’il fit imprimer à Paris cette comédie sous le titre de Candelaio4. Ceux qui l’auront lue en son original reconnaîtront aisément combien de choses il m’a [fallu] retrancher {NP2} et ceux qui la regarderont de près, telle qu’elle sort de mes mains, se douteront bien combien il en a [fallu] changer5. Les auteurs qui s’attachent aux naïvetés6 de leur langue et aux particularités de leur nation, comme font principalement les comiques, sont plus à imiter qu’à traduire7 ; une trop grande fidélité m’[eût] rendu ridicule et c’[eût] été proprement en cette occasion qu’il se [fût] fait des vices français de vertus étrangères. Tu ne trouveras donc pas toujours ici les mêmes choses, [quoique] tu trouves le même sujet, non les mêmes rencontres8, [quoique] de semblables, mais plus modestes9 : en un mot, si quelque liberté, du moins point de libertinage10. Adieu.