IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Le Véritable Coriolan. Tragédie. Représentée par la Troupe Royale.

Chapoton, François de

Éditeur scientifique : Louvat-Molozay, Bénédicte

Description

Auteur du paratexteChapoton, François de

Auteur de la pièceChapoton, François de

Titre de la pièceLe Véritable Coriolan. Tragédie. Représentée par la Troupe Royale.

Titre du paratexteAvertissement au lecteur

Genre du textePréface

Genre de la pièceTragédie

Date1638

LangueFrançais

ÉditionParis, Toussaint Quinet, 1638, in-4°.

Éditeur scientifiqueLouvat-Molozay, Bénédicte

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k715946/f9

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Chapoton-Coriolan-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Chapoton-Coriolan-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Chapoton-Coriolan-Preface.odt

Mise à jour2015-05-30

Mots-clés

Mots-clés français

SourcesPlutarque, Tite-Live, Valère Maxime

SujetPropre / impropre au théâtre

DramaturgieNon respect des règles

LieuUnité ; duplicité

TempsRègle des vingt-quatre heures ; durée de l’action représentée

Relations professionnellesRivalité entre auteurs ; pièces jumelles

Mots-clés italiens

FontiPlutarco ; Tito-Livio ; Valerio Massimo

ArgomentoIdoneo / non idoneo al teatro

DrammaturgiaRifiuto delle regole

LuogoUnità ; pluralità

TempoRegola delle venti quattro ore ; durata dell’azione rappresentata

Rapporti professionaliRivalità tra autori ; opere drammatiche gemelle

Mots-clés espagnols

FuentesPlutarco ; Tito Livio ; Valerio Máximo

TemaPropio / impropio del teatro

DramaturgiaNo respeto de las reglas

LugarUnidad ; duplicidad

TiempoRegla de las veinticuatro horas ; duración de la acción representada

Relaciones profesionalesRivalidad entre autores ; obras gemelas

Présentation

Présentation en français

Après une dédicace à Richelieu, le Coriolan de Chapoton fait place à une préface intéressante à un double titre : dans le contexte de la Querelle du Cid, qui s’est achevée quelques mois auparavant avec la publication des Sentiments de l’Académie française (décembre 1637), l’auteur choisit clairement le parti des irréguliers et loin de s’excuser de n’avoir pas respecté les unités de temps et surtout de lieu, il se place sous l’autorité du plus célèbre d’entre eux, à savoir Corneille. Comme les irréguliers, Chapoton justifie la dispositio de sa première pièce par la nature même du sujet historique qu’il a choisi et des coordonnées spatio-temporelles qui lui sont propres. Par ailleurs, la tragédie de Chapoton est l’un des exemples de la « guerre » que se livrent les troupes de l’Hôtel de Bourgogne (qui a créé la pièce) et du Marais, un second Coriolan, dû à Urbain Chevreau, ayant été représenté sur la scène rivale. Publiées exactement au même moment (leurs achevés d’imprimer portent tous deux la date du 12 juin 1638), les pièces rivalisent alors sur le terrain de l’imprimé.

Texte

Avertissement au lecteur            

[NP1] Je n’avais point résolu de t’avertir d’aucune chose touchant la tragédie de Coriolan, parce que je croyais que l’histoire en était assez connue par ce qu’en ont écrit Plutarque, Tite-Live, Valère Maxime1, et tous ceux qui ont été les fidèles observateurs de ses triomphes ; mais je m’y suis trouvé obligé, quand j’ai considéré que peut-être tu me pourrais blâmer de m’être éloigné en quelque part des règles nécessaires à la perfection du poème dr[am]atique, comme entre autres sont celles des vingt-quatre heures, et l’unité des lieux. Mais je répondrai contre tout ce que l’on me pourrait objecter, que la vie de Coriolan est telle, qu’à moins que d’en avoir pris les plus beaux incidents, l’on n’en saurait faire un sujet agréable au théâtre2. Si bien que pour les mettre en ce poème, je ne pouvais observer en aucune façon [c]es règles, puisque des principales actions de mon héros, une partie s’emporte3 chez les Volsques, et l’autre chez le peuple romain4. Par là tu peux juger si j’ai tort, et si je pouvais m’attacher à [c]es faibles obstacles, qui font perdre à un auteur sévère les plus beaux endroits d’un sujet. En tout cas, [NP2] je suis assuré que si j’ai péché, j’ai l’honneur de faillir avec quantité d’illustres personnes, qui dans leurs plus beaux ouvrages en5 ont modéré l’austérité par le mépris qu’ils en ont fait. Je ne doute point que tu ne le sache[s] ; ce qui m’obligera à ne m’étendre plus avant là-dessus. Mais seulement je te prierai si l’on te présente quelque tragédie supposée6 sous le nom du même Coriolan, de ne me point blâmer des défauts d’un auteur inconnu7, et de ne la point considérer que comme un enfant illégitime, que la honte a longtemps retenue de paraître en public. Que si Coriolan te peut obliger à lire dans ce coup d’essai8 ses plus tragiques aventures, excuse mes fautes aussi bien que celles de l’imprimeur. Adieu.