Accueil Projet > L’Histoire de l’Enfant prodigue (Gnapheus, Wilhelm / Tiron, Antoine) : Dédicace



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Description

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Auteur du paratexteTiron, Antoine (traducteur)
Auteur de la pièceGnapheus, Wilhelm
Titre de la pièceL’Histoire de l’Enfant prodigue, réduite et étendue en forme de comédie
Titre du paratexteÀ très vertueux adolescent M. Grégoire Goutin, notaire en la très fameuse ville d’Anvers, Antoine Tiron désire entière félicité
Genre du texteDédicace
Genre de la pièceComédie
Date1564
LangueFrançais
EditionAnvers, Jean Waesberghe, 1564, in-8°. (Numérisation en cours)
Editeur scientifiqueCullière, Alain
Nombre de pages3
Adresse source
Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Tiron-Enfantprodigue-Dedicace.xml
Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Tiron-Enfantprodigue-Dedicace.html
Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Tiron-Enfantprodigue-Dedicace.odt
Mise à jour2014-12-08
Tiron, Antoine (traducteur) « À très vertueux adolescent M. Grégoire Goutin, notaire en la très fameuse ville d’Anvers, Antoine Tiron désire entière félicité » in Gnapheus, Wilhelm L’Histoire de l’Enfant prodigue, réduite et étendue en forme de comédie. Anvers, Jean Waesberghe, 1564, in-8°. (Numérisation en cours) (3 p.)

L’Histoire de l’Enfant prodigue (Gnapheus, Wilhelm / Tiron, Antoine) : Dédicace

Tiron, Antoine (traducteur) « À très vertueux adolescent M. Grégoire Goutin, notaire en la très fameuse ville d’Anvers, Antoine Tiron désire entière félicité » inGnapheus, WilhelmL’Histoire de l’Enfant prodigue, réduite et étendue en forme de comédie. Anvers, Jean Waesberghe, 1564, in-8°. (Numérisation en cours) (3 p.)

Cullière, Alain.

Mots-clés

Mots-clés français

Sources : Histoire sainte / histoire profane ; Saintes Écritures.
Sujet : Représenter des modèles de vertus ; doit-on représenter le vice ?.
Représentation : Collège.
Finalité : Profit et instruction de la jeunesse ; instruction du langage et des mœurs.
Expression : Langue française ; traduction du latin au français ; belles et graves sentences.

Mots-clés italiens

Fonti : Storia sacra/ storia profana ; Sacra Scrittura.
Argomento : Rappresentare dei modelli di virtù ; devesi rappresentare il vizio?.
Rappresentazione : Collegio.
Finalità : Profitto ed educazione della gioventù ; educazione del linguaggio e dei costumi.
Espressione : Lingua francese ; traduzione dal latino verso il francese ; sentenze belle e gravi.

Mots-clés espagnols

Fuentes : Historia santa / historia profana ; Sagradas Escrituras.
Tema : Representar modelos de virtud ; ¿hase de representar el vicio ?.
Representación : Colegio.
Finalidad : Provecho e instrucción de la juventud ; instrucción del lenguaje y de las costumbres.
Expresión : Lengua francesa ; traducción del latín al francés ; hermosas y graves sentencias.

Présentation

Présentation en français

Antoine Tiron constate que nous prenons volontiers les héros pour modèles. Contrairement à ceux de l’Histoire profane, qui sont parfois en demi-teinte, ceux de l’Histoire sainte, comme Joseph, sont de parfaits patrons de « vertu entière et accomplie ». Si les auteurs scolaires qui mettent ces derniers en scène ornent en plus leurs pièces de « belles et graves sentences », le « profit et instruction de la jeunesse studieuse » est complet. Des personnages qui se rendent coupables de « péchés et crimes », comme l’Enfant prodigue de la parabole évangélique, peuvent, si on les rapproche de personnages aux « vertus excellentes », apparaître encore plus détestables. Le spectacle du vice n’est donc pas toujours néfaste.

Texte

À très vertueux adolescent M. Grégoire Goutin, notaire en la très fameuse ville d’Anvers1, Antoine Tiron désire entière félicité.

Le fruit le plus exquis et de meilleure garde que nous puissions cueillir au plaisant verger des histoires est quand nous arrêtons à contempler attentivement et avoir les yeux de l’entendement fichés sur les grâces singulières et dons particuliers qu’il a plu au souverain créateur de toutes choses distribuer et octroyer aux personnages qu’il a, par une singulière prérogative, destinés à être excellents par sus les autres, attendu que, par telle considération, l’esprit est merveilleusement incité à toujours entreprendre et poursuivre quelque acte vertueux, mêmement2 en pensant à la fin glorieuse où sont parvenus ceux qui, d’un courage immuable et invincible, ont parachevé les desseins par eux vertueusement entrepris. Cela, dis-je, est un aiguillon qui (si nous ne sommes destitués de bon sens) imprime en nos fantaisies un merveilleux désir de nous faire valoir3 et nous ranger à la vertu. Or est-il qu’entre les histoires qui sont dites profanes, il se trouve grand nombre de bons exemples et bien dignes d’être notés et imités, ce néanmoins, pour autant que4 souvent est advenu que leurs auteurs se sont laissés aller à plusieurs vices et imperfections comme ceux qui n’avaient connaissance dont telle grâce leur procédait et qui référaient tout à leur force particulière ou à leur bon heur5 et aveugle fortune, c’est à bon droit qu’on rabat beaucoup de la gloire et louange qui sans cela solide et entière leur était due. Ni plus ni moins que l’arbre serait beaucoup moins estimé duquel le fruit en partie serait doux et savoureux et l’autre part âpre, amère et mal plaisante au goût. Ce considéré, et vu que nous sommes à même et à choisir6, comme ceux qui avons connaissance d’un seul et vrai Dieu, autant que par sa grâce il lui a plu nous en départir, suivrons comme patrons et guides de toute vertu entière et accomplie ces bons pères auxquels jadis la bonté suprême a si abondamment départi ses dons et grâces divines, entre lesquels Joseph, le bien-aimé fils de ce grand patriarche Jacob, par sa piété et révérence envers Dieu, débonnaireté à l’endroit de tous, loyauté et prud’homie7, tient méritoirement son lieu comme celui qui a mis tout soin et diligence à se garder d’offenser son créateur en manière que ce fût. Et pourtant ayant délibéré écrire8 quelque chose en ma langue maternelle française, pour le profit et instruction de la jeunesse studieuse d’icelle9, et voyant déjà bon nombre de colloques et dialogues voltiger par les boutiques des libraires10, il m’a semblé bon traduire de latin en français aucunes11 comédies extraites des saintes Écritures et composées par personnages doctes, où sont entremêlées et comme tissues plusieurs belles et graves sentences, tant des saintes Écritures comme d’autres auteurs de sainte et bonne vie, afin que par même moyen et tout d’un train les jeunes gens eussent de quoi apprendre et le langage et les mœurs, comme la présente12 de la captivité de Joseph, à laquelle avons aussi ajouté tout d’un suivant la comédie de l’Enfant prodigue tirée semblablement de la sainte Écriture13, à ce que14 les vertus de l’un, opposées aux vices et faits pernicieux de l’autre, acquièrent tant plus de lustre et de grâce et, à l’opposite, que les péchés et crimes où ce dernier se plongea, par manière de dire jusqu’aux oreilles, conférés15 aux vertus excellentes du divin Joseph, se montrent de tant plus hideux et horribles, sans m’arrêter à répondre à ceux qui pourraient alléguer que ce n’est qu’une similitude16. Lesquelles deux histoires et le labeur que nous avons pris à la traduction d’icelles (comme chose à vous piéça17 vouée et sujet assez conforme et approprié à l’âge où vous êtes, joint aussi que le Seigneur a mis en vous bonne partie des grâces dont ce saint personnage Joseph est tant recommandé) nous vous dédions et présentons, vous priant que, selon votre courtoisie accoutumée, les veuillez prendre en bonne part18, après avoir supplié le Seigneur qu’il vous accroisse en toute prospérité.

À Anvers, ce 15e d’avril 1564.